Le Nigéria et le Ghana ont renforcé leur coopération dans la lutte contre le trafic de drogues illicites, à l’occasion d’une visite d’étude de la Commission ghanéenne de contrôle des stupéfiants (NACOC) au siège de l’Agence nigériane de lutte contre la drogue (NDLEA) à Abuja.
Le président-directeur général de la National Drug Law Enforcement Agency (NDLEA) du Nigéria, Mohamed Buba Marwa, a reçu mardi à Abuja une délégation de la Narcotics Control Commission (NACOC) du Ghana, conduite par son directeur général Maxwell Obuba Mantey, en visite d’évaluation comparative et d’étude du modèle opérationnel de l’agence nigériane.
Point d’orgue de la rencontre, la signature d’un Mémorandum d’entente (MOU) portant sur la lutte contre la production illicite de substances psychotropes, leurs précurseurs et les activités connexes de blanchiment de capitaux. Marwa a qualifié cet accord de «feuille de route juridique et opérationnelle» permettant de faire passer la relation entre les deux institutions « de la consultation informelle à un front structuré, agressif et unifié contre les barons de la drogue ».
Devant la délégation ghanéenne, le responsable nigérian a lancé un avertissement aux réseaux criminels actifs dans la sous-région : « Le Nigeria et le Ghana font front commun. Nous continuerons à innover, à collaborer et à dominer l’espace tactique jusqu’à ce que nos rues et nos communautés soient sûres. »
Il a par ailleurs insisté sur la nature transnationale de la menace : « Le trafic de drogue et les activités de blanchiment d’argent qui lui sont associées ne connaissent pas de frontières. En unissant nos expertises dans les opérations guidées par le renseignement et les stratégies d’interdiction, nous réduisons effectivement l’espace d’opération des cartels criminels dans notre sous-région. »
De son côté, Mantey a dressé un tableau préoccupant de l’évolution du phénomène au Ghana, soulignant que le pays, «historiquement considéré comme un point de transit», fait désormais face à « une dimension domestique croissante, tant en termes de consommation que de distribution interne ». Il a relevé une sophistication accrue des méthodes de trafic, une dépendance croissante aux corridors maritimes et une montée en puissance des drogues synthétiques.
Le directeur général de la NACOC a insisté sur le caractère concret attendu du partenariat : « Ce MOU doit aller au-delà d’un geste symbolique. Il doit se traduire par des résultats réels et mesurables — un partage plus fort du renseignement, des opérations conjointes mieux coordonnées, des échanges de formation structurés. La vraie valeur de ce partenariat sera définie par ce que nous mettons en œuvre, non par ce que nous signons.»
La cérémonie s’est déroulée en présence de la Haute-Commissaire par intérim du Ghana au Nigeria, Gladys Mansa Yawa Feddy Akyea, ainsi que de cadres supérieurs des deux institutions.
AC/Sf/APA







