La mission onusienne en Libye met en garde contre les atteintes visant journalistes et société civile.
La Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) a appelé, samedi 3 mai, l’ensemble des acteurs libyens à respecter et protéger la liberté d’expression, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse.
Dans un communiqué officiel, l’organe onusien insiste sur la nécessité de garantir un environnement sûr pour les journalistes et les membres de la société civile, dans un contexte politique marqué par des blocages institutionnels persistants.
Dans le prolongement de cet appel, la mission souligne que «le journalisme joue un rôle essentiel dans la lutte contre la désinformation et dans la responsabilisation des acteurs publics».
Elle estime que la réduction au silence des voix critiques alimente la défiance et prolonge l’instabilité politique, alors que le pays peine à organiser des élections nationales depuis le report du scrutin initialement prévu en décembre 2021.
Ce positionnement intervient alors que la MANUL fait état d’informations «persistantes» concernant des cas d’intimidation, de harcèlement judiciaire et de pressions visant des défenseurs des droits humains et des journalistes.
Sans avancer de données chiffrées, la mission évoque une tendance préoccupante qui fragilise l’espace civique et limite l’expression pluraliste dans un paysage médiatique déjà fragmenté.
Dans ce contexte, l’ONU met en garde contre l’usage de certaines dispositions juridiques, notamment celles liées au code pénal, à la cybercriminalité ou à la lutte contre le terrorisme, pour restreindre l’expression légitime. Selon la mission, de telles pratiques contribuent à criminaliser les libertés fondamentales et affaiblissent l’État de droit, dans un pays où les institutions restent divisées entre plusieurs centres de pouvoir.
En conséquence, la MANUL appelle à l’ouverture d’enquêtes «rapides et transparentes» sur les allégations d’attaques, de menaces et d’assassinats visant des acteurs des médias ». Elle insiste pour que soit mis fin à l’impunité, considérée comme un facteur aggravant des violations des droits fondamentaux.
La mission exhorte les autorités libyennes à respecter leurs engagements internationaux, à mettre fin aux détentions arbitraires et à cesser toute instrumentalisation des lois pour restreindre l’expression pacifique. Elle rappelle que la protection du journalisme constitue un préalable à toute participation citoyenne effective et à l’organisation d’élections crédibles, tout en réaffirmant sa disposition à accompagner des réformes en faveur de l’indépendance des médias.
MK/AK/Sf/APA







