À Tripoli, une « purge » lancée par le chef du gouvernement d’unité nationale, Abdel Hamid Dbeibah, a plongé la capitale libyenne dans une semaine d’affrontements sanglants. Visant à neutraliser des milices influentes, dont le Stability Support Apparatus, cette opération a déclenché des combats urbains, une vague de démissions ministérielles et une contestation populaire grandissante.
Tripoli a connu une semaine de violents affrontements à la suite d’une opération de « purge » lancée mi-mai par le chef du gouvernement d’unité nationale (GUN), Abdel Hamid Dbeibah, visant à neutraliser certaines milices influentes de la capitale.
Cette initiative, qui a débuté par l’élimination du chef du Stability Support Apparatus (SSA), Abdel Ghani Al-Kikli, dit « Gheniwa », a déclenché des combats d’une rare intensité, des manifestations nocturnes et la démission de plusieurs ministres, dont ceux des Finances et de l’Économie.
Avec l’appui de la Brigade 444, réputée proche de la Turquie, Dbeibah a voulu briser l’influence des milices qui, selon lui, font chanter l’État.
L’opération a rapidement dégénéré en guerre urbaine.
Des tirs ont été rapportés dans plusieurs quartiers, notamment à Abou Salim et Souq Al-Jomaa.
Le quartier huppé de Hay Al-Andalous n’a pas été épargné. Les images de pick-up armés sur la corniche ont marqué les esprits.
Le chef du SSA aurait été tué lors d’une embuscade alors qu’il croyait entamer des négociations. Dans les jours suivants, la Force spéciale de dissuasion (Rada), influente milice salafiste, a été prise pour cible, aggravant le chaos.
En parallèle, les appels à la démission de Dbeibah se sont multipliés dans la rue. Des manifestations ont été signalées sur la place des Martyrs, théâtre symbolique de la révolution de 2011.
Le 23 mai, près de 4 000 personnes y ont scandé des slogans hostiles au GUN. Des blocages nocturnes, des incendies de pneus et même une tentative d’immolation par le feu ont été rapportés.
Le maréchal Khalifa Haftar, maître de l’Est libyen, observe la situation avec intérêt. Des mouvements de troupes vers Syrte ont été repérés, nourrissant les craintes d’une offensive.
Dans ce contexte instable, l’ONU et l’Union européenne ont appelé à la désescalade.
La Turquie, soutien majeur du GUN, a adopté un ton mesuré. Bien que Dbeibah ait marqué un point contre ses rivaux armés, sa légitimité est fragilisée.
La contestation populaire, alimentée par la colère sociale et les accusations de corruption, pourrait durablement affecter son autorité.
La tentative de Dbeibah de devenir l’unique maître de Tripoli pourrait provoquer l’effet.
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