Après avoir investi 70 milliards de dollars au cours des cinq dernières années dans le secteur de l’eau, les banques multilatérales de développement (BMD) comptent en faire davantage pour les prochaines années, a annoncé le directeur mondial de la pratique mondiale de l’eau du Groupe de la Banque mondiale, Saroj Kumar Jha.
Les banques multilatérales de développement (BMD) se sont engagées à transformer l’eau en moteur de croissance économique et d’emplois, promettant d’augmenter massivement leurs financements lors de la conférence préparatoire au sommet mondial sur l’eau de 2026.
« L’eau doit devenir un moteur de croissance et d’emplois, en particulier dans les pays où de nombreux jeunes entrent sur le marché du travail », a déclaré le directeur mondial de la pratique mondiale de l’eau du Groupe de la Banque mondiale, Saroj Kumar Jha.
S’exprimant au nom des partenaires techniques et financiers, il a souligné que plus de 60 % du PIB mondial se situe dans des zones exposées à des risques hydriques très élevés, menaçant 1,7 milliard d’emplois, principalement dans les pays en développement.
Les BMD se sont engagées à « accroître significativement » leur soutien au secteur de l’eau entre 2026 et 2030. Cette promesse s’appuie sur un bilan déjà conséquent. Au cours des cinq dernières années, ces institutions ont engagé plus de 70 milliards de dollars de nouveaux financements en faveur des pays en développement dans le secteur de l’eau, bénéficiant à plus de 400 millions de personnes grâce à leur assistance technique, a indiqué M. Jha.
Dix institutions sont mobilisées dans cet effort. Il s’agit du Groupe de la Banque africaine de développement, la Banque asiatique de développement, la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, la Banque de développement du Conseil de l’Europe, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la Banque européenne d’investissement, la Banque interaméricaine de développement, la Banque islamique de développement, la Nouvelle Banque de développement et le Groupe de la Banque mondiale.
Ces institutions visent à accélérer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, intensifier l’innovation pour la sécurité alimentaire, renforcer la gestion des inondations et promouvoir une gestion durable des ressources en eau.
Les BMD explorent également de nouveaux mécanismes de financement innovants mobilisant des ressources privées et philanthropiques.
Le Sénégal cité en exemple
Le responsable de la Banque mondiale a salué le Sénégal comme « l’un des meilleurs élèves d’Afrique de l’Ouest en matière de fourniture de services d’eau », soulignant que le pays démontre que « des institutions solides, des réformes durables et un financement coordonné peuvent constituer la base d’une sécurité hydrique à long terme. »
Le Groupe de la Banque mondiale a annoncé des ambitions particulièrement audacieuses, prévoyant un « effet multiplicateur de trois à quatre fois » ce qu’il a réalisé par le passé. Le 23 décembre 2025, son Conseil des administrateurs a approuvé une stratégie visant à atteindre 400 millions de personnes d’ici 2030.
L’institution prévoit également de lancer « Mission Eau », une initiative visant à toucher un milliard de personnes ou plus d’ici 2030, en mobilisant l’ensemble des partenaires multilatéraux et bilatéraux, les investisseurs et le secteur privé.
« Le moment est venu pour le secteur de l’eau de passer d’objectifs touchant des millions de personnes à des objectifs concernant des milliards, à la mesure de l’ampleur du défi mondial », a affirmé le directeur mondial, rappelant que près de 4 milliards de personnes sont confrontées à diverses formes d’insécurité hydrique.
Les BMD ont insisté sur la nécessité de réformes de gouvernance solides et se sont engagées à veiller à ce que « personne ne soit laissé de côté, en accordant une attention particulière aux populations les plus vulnérables, y compris les peuples autochtones. »
La Conférence des Nations Unies sur l’eau de 2026 devra être « non seulement un moment de dialogue, mais un moment d’engagement collectif, avec urgence, accélération et ampleur », a conclu le responsable de la Banque mondiale.
ARD/ac/Sf/APA







