Le président Al-Sissi renouvelle son appui à la stabilité soudanaise et ouvre la voie à une coopération renforcée pour la reconstruction.
Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a réaffirmé mardi 6 août le plein soutien de l’Égypte à l’unité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Soudan, à l’occasion de la première visite officielle à l’étranger du Premier ministre soudanais Kamel El-Tayeb Idriss depuis sa nomination en mai dernier. Cette rencontre au Caire a marqué un tournant symbolique dans la relance des relations bilatérales, dans un contexte de guerre civile prolongée au Soudan.
Accompagné d’une délégation ministérielle et d’hommes d’affaires, le chef du gouvernement soudanais a été reçu au palais présidentiel par son homologue égyptien ainsi que par le président Al-Sissi, qui a exprimé un « appui total aux efforts visant à instaurer la sécurité et la stabilité au Soudan ».
Cette déclaration s’inscrit dans une volonté affichée du Caire de jouer un rôle central dans la reconstruction d’un pays en ruine après plus de deux ans de conflit.
Les deux parties ont discuté de la situation humanitaire catastrophique dans les régions les plus touchées, notamment au Darfour et au Kordofan, et convenu d’approfondir la coopération dans les domaines économique, commercial et énergétique. Le projet d’interconnexion électrique entre les deux pays, les investissements conjoints dans l’agriculture et l’industrie, ainsi que la condition des réfugiés soudanais en Égypte figuraient parmi les priorités abordées.
Selon l’ambassade du Soudan au Caire, cette visite entend également coordonner les positions des deux capitales sur plusieurs dossiers régionaux et internationaux. Pour l’Égypte, qui accueille sur son sol des centaines de milliers de réfugiés soudanais, l’enjeu est aussi stratégique, tant sur le plan sécuritaire qu’économique.
Nommé en mai 2025 par le Conseil de souveraineté dirigé par le général Abdel Fattah al-Burhan, Kamel Idris est le premier chef de gouvernement civil à diriger l’exécutif depuis la démission d’Abdallah Hamdok en 2022. Sa visite intervient alors que la guerre, déclenchée en avril 2023 par la rupture entre l’armée régulière et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), a déjà fait des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 14 millions de personnes selon l’ONU. Malgré la reconquête partielle de Khartoum par l’armée en mars dernier, les combats se poursuivent dans plusieurs régions du pays.
MK/Sf/ac/APA







