Le Maroc a confirmé en 2024 son statut de leader incontesté du marché de l’argent au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA), concentrant 95 % de la production régionale et 86 % de la consommation. Cette domination, inédite par son ampleur, consacre le royaume comme acteur central d’un secteur minier stratégique en pleine expansion.
La consommation en région MENA de minerais et concentrés d’argent a atteint 3,1 milliers de tonnes en 2024, soit une progression de 140 % en un an. Le Maroc se taille la part du lion avec 2,7 milliers de tonnes consommées, soit 86 % du total, loin devant la Turquie (259 tonnes) et l’Algérie (122 tonnes). En valeur, cette consommation marocaine équivaut à 92 millions de dollars (913 millions de dirhams).
La consommation par habitant au Maroc atteint désormais 70 kg pour 1 000 habitants, contre 5,4 kg en moyenne mondiale. Entre 2013 et 2024, elle a progressé à un rythme impressionnant de +14,4 % par an, confirmant une dynamique structurelle de hausse de la demande intérieure.
La production régionale est restée stable à 8,3 milliers de tonnes en 2024, mais le Maroc en assure à lui seul 7,8 milliers de tonnes, soit 95 % du total. La Turquie, second producteur régional, ne dépasse pas 260 tonnes. En valeur, la production régionale a atteint 276 millions de dollars (2,74 milliards de dirhams), un niveau en retrait par rapport au pic de 2016 (470 millions de dollars).
Entre 2013 et 2024, la production marocaine a crû en moyenne de +27,4 % par an, illustrant la montée en puissance industrielle du royaume dans ce secteur stratégique.
En 2024, les exportations régionales ont reculé de 26 %, pour s’établir à 5,1 milliers de tonnes, dont 99,9 % provenaient du Maroc. En valeur, elles atteignent 13 millions de dollars (129 millions de dirhams), en net repli par rapport à 2023 (24 millions de dollars). Le prix moyen à l’exportation a chuté de 24,3 % sur un an, à 2 607 dollars la tonne (25 800 dirhams la tonne).
Si le Maroc reste incontournable dans l’offre régionale, la baisse des prix souligne la forte volatilité d’un marché sensible aux fluctuations mondiales et aux politiques de stockage.
Selon les projections, le marché de l’argent en MENA devrait croître à un rythme annuel moyen de +1,5 % en volume et +1,7 % en valeur jusqu’en 2035, pour atteindre 3,7 milliers de tonnes et 130 millions de dollars (1,3 milliard de dirhams).
Dans ce contexte, le Maroc apparaît non seulement comme le premier producteur et consommateur régional, mais aussi comme un acteur capable de peser sur la structuration du marché international grâce à son poids croissant et à son rôle d’exportateur dominant.
MK/ac/Sf/APA






