Du congrès panafricain d’Accra en 1958 à la fondation de l’OUA à Addis-Abeba en 1963, le 25 mai est devenu la principale date symbolique du panafricanisme, de l’unité africaine et des combats diplomatiques du continent.
Le 25 mai occupe une place singulière dans l’histoire politique et symbolique du continent africain. Consacrée Journée de l’Afrique, cette date renvoie avant tout à la signature, le 25 mai 1963 à Addis-Abeba, de la charte fondatrice de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) par 32 États africains indépendants.
Réunis dans l’Africa Hall de la capitale éthiopienne sous l’impulsion de l’empereur Haïlé Sélassié, les dirigeants africains posent alors les bases de la première grande organisation politique continentale de l’histoire africaine moderne. L’OUA deviendra en 2002 l’Union africaine (UA).
La conférence fondatrice de 1963 oppose deux visions du panafricanisme : celle du groupe de Casablanca derrière Kwame Nkrumah, partisan d’une intégration politique rapide avec institutions supranationales, et celle du groupe dit de Monrovia, attaché à la souveraineté des nouveaux États indépendants. Le compromis adopté privilégie finalement une coopération interétatique fondée sur la non-ingérence et l’égalité souveraine.
Parmi les faits moins connus liés au 25 mai figure le rôle diplomatique joué par la Tanzanie de Julius Nyerere. Après la création de l’OUA, Dar es Salaam accueille le Comité de libération chargé de soutenir les mouvements anticoloniaux et anti-apartheid d’Afrique australe, notamment l’ANC sud-africain, la SWAPO namibienne ou encore le MPLA angolais.
Le 25 mai 1963 marque également la première apparition commune des drapeaux des 32 États africains indépendants dans une même enceinte diplomatique africaine, symbole fort de souveraineté collective à l’échelle du continent.
Autre épisode méconnu : l’Afrique du Sud de l’apartheid est absente de la conférence fondatrice d’Addis-Abeba, alors que la lutte contre la ségrégation raciale deviendra l’un des principaux combats diplomatiques de l’OUA durant les décennies suivantes.
La date du 25 mai acquiert aussi une dimension mondiale en 1986 avec le Sport Aid, vaste mobilisation sportive et humanitaire organisée le 25 mai dans 89 pays. Environ 19,8 millions de personnes participent simultanément à des courses destinées à collecter des fonds pour les victimes de la famine en Afrique, notamment en Éthiopie et au Soudan.
Depuis la transformation de l’OUA en Union africaine en 2002, le 25 mai demeure un moment de célébration du panafricanisme et d’interrogation sur les capacités du continent à parler d’une seule voix face aux crises politiques, sécuritaires et géopolitiques contemporaines.
Sf/APA







