Moins connue que le 16 juin, date du soulèvement de Soweto en Afrique du Sud, la journée du 15 juin occupe néanmoins une place particulière dans la mémoire africaine et afro-descendante. Elle renvoie à des moments de préparation, de mobilisation et de résistance qui ont précédé certains des grands tournants politiques et sociaux du XXe siècle.
Le 15 juin 1976, dans le township sud-africain de Soweto, des responsables étudiants et des militants du mouvement de la Conscience noire finalisent les préparatifs d’une manifestation contre l’imposition de l’afrikaans comme langue d’enseignement dans les écoles destinées aux Noirs. Depuis plusieurs semaines, les élèves organisent discrètement des réunions afin de coordonner une marche pacifique destinée à dénoncer une mesure perçue comme un instrument supplémentaire de domination du régime d’apartheid.
Les organisateurs définissent les itinéraires, les points de rassemblement et les consignes de discipline qui doivent encadrer la mobilisation du lendemain. Ce travail préparatoire demeure largement méconnu, alors qu’il explique en partie l’ampleur du mouvement qui éclatera le 16 juin et mobilisera plusieurs milliers de jeunes.
La répression sanglante de cette manifestation par la police sud-africaine fera du soulèvement de Soweto l’un des événements fondateurs de la lutte contre l’apartheid. La mort de nombreux élèves, dont le jeune Hector Pieterson, suscitera une vague d’indignation internationale et contribuera à renforcer l’isolement du régime de Pretoria.
Aujourd’hui, l’héritage de ces événements est perpétué à travers le Youth Day célébré chaque 16 juin en Afrique du Sud ainsi que la Journée de l’enfant africain, observée sur l’ensemble du continent sous l’égide de l’Union africaine.
Dans les diasporas africaines, le 15 juin 1963 s’inscrit également dans la séquence de mobilisation provoquée par l’assassinat, trois jours plus tôt, du militant afro-américain Medgar Evers dans le Mississippi. Figure majeure du combat pour les droits civiques aux États-Unis, Evers devient alors un symbole de la lutte contre la ségrégation raciale, tandis que les hommages organisés dans les jours suivant sa mort contribuent à renforcer la mobilisation en faveur de l’égalité des droits.
Sf/APA







