Une délégation composée des ministres de l’Intérieur d’Italie, de Grèce et de Malte et du commissaire européen aux migrations a été refoulée à l’aéroport de Benghazi, mardi, alors que le ministre libyen de l’Intérieur, Imad Trabelsi, indiquait que le pays comptait entre trois et quatre millions de migrants entrés illégalement, et que « nous encourageons à partir ».
Une délégation composée de l’Italien Matteo Piantedosi, du Grec Thanos Plevris, du Maltais Byron Camilleri et de Brunner, se rendait en Libye pour faire progresser la coopération migratoire, dans un contexte de forte augmentation des départs de migrants vers l’Europe depuis les côtes nord-africaines.
La visite des ministres de l’Intérieur d’Italie, de Grèce et de Malte et du commissaire européen aux migrations Magnus Brunner a été brusquement annulée à leur arrivée à l’aéroport Benina de Benghazi en Libye mardi après que la délégation a été déclarée persona non grata.
La visite prévue, destinée à lancer de nouvelles négociations sur la migration dans le cadre de l’équipe Europe de l’UE, a été bloquée par le gouvernement libyen basé à l’est, qui a accusé la délégation de violer la souveraineté nationale, de contourner les protocoles diplomatiques et d’ignorer les procédures d’entrée des fonctionnaires étrangers.
Dans un communiqué, le Premier ministre Oussama Saad Hammad a qualifié cette visite de « violation flagrante » des conventions internationales et de la loi libyenne.
Des sources à Athènes estiment que le blocus est lié au fait que la délégation européenne a d’abord visité Tripoli, siège du gouvernement libyen reconnu internationalement.
Le commissaire Brunner a brièvement abordé la question dans un message publié sur X mardi soir, notant que « les réunions prévues à Benghazi n’ont finalement pas pu avoir lieu », mais a souligné que les échanges à Tripoli « ont néanmoins jeté les bases d’une coopération plus large ».
Selon les autorités locales, le commissaire et les ministres n’auraient pas respecté les procédures régissant l’entrée, la circulation et le séjour des diplomates étrangers.
Après s’être vu refuser l’entrée à Benghazi, le commissaire et trois ministres sont repartis en avion.
L’incident survient dans un contexte de forte migration en Méditerranée centrale, avec plus de 5 000 migrants en provenance de Libye débarquant en Crète et à Gavdos depuis juin, alarmant Athènes et Bruxelles.
Dans une lettre adressée à l’occasion du sommet de l’EUCO le mois dernier, Ursula von der Leyen a préfiguré la visite, appelant à un soutien continu aux autorités libyennes, en particulier dans les efforts de recherche et de sauvetage.
MK/Sf/APA





