La vice-présidente ghanéenne, Naana Jane Opoku-Agyemang, et la reine du royaume de Warri au Nigéria, Olori Atuwatse III, ont plaidé mardi à Accra pour un leadership féminin reposant sur l’égalité des chances, l’accès aux ressources et la solidarité entre générations, a constaté APA lors d’un petit-déjeuner organisé en marge de l’Elevate Africa Annual Convening 2026.
« Célébrer la résilience ne doit pas nous conduire à attendre des femmes qu’elles surmontent des difficultés qui auraient dû être réglées depuis longtemps », a déclaré Naana Jane Opoku-Agyemang, appelant à lever les obstacles qui limitent encore l’accès des femmes aux postes de décision, aux possibilités d’avancement et aux ressources économiques.
La vice-présidente a notamment évoqué les difficultés rencontrées par les entrepreneures pour accéder à des financements à des conditions raisonnables, malgré leur expérience et leur capacité à développer leurs activités.
Elle a cité le projet de création d’une Banque de développement des femmes, destiné à mettre en place des mécanismes financiers mieux adaptés aux besoins des entreprises dirigées par des femmes.
« Nous pouvons continuer à féliciter les femmes de se débrouiller avec peu, ou nous pouvons nous demander ce qui devient possible lorsqu’elles ont accès à des ressources et à un soutien », a-t-elle affirmé.
Naana Jane Opoku-Agyemang a également rappelé les mesures engagées au Ghana dans les domaines de la protection sociale et de la discrimination positive, soulignant que leur adoption devait se traduire par des changements concrets.
De son côté, Olori Atuwatse III, cofondatrice d’Elevate Africa, a insisté sur la responsabilité des femmes établies dans l’accompagnement des nouvelles générations, les invitant à partager leurs connaissances, leurs réseaux et leurs ressources.
« Ne nous contentons pas de raconter aux plus jeunes comment nous y sommes arrivées. Donnons-leur ce que nous détenons aujourd’hui et qui rendra leur chemin plus court que le nôtre », a-t-elle déclaré.
La reine du royaume de Warri a également exhorté les jeunes femmes à transformer leur admiration pour les personnalités influentes en relations professionnelles concrètes. « Un selfie, c’est charmant, mais ce n’est pas une stratégie », a-t-elle lancé, les encourageant à échanger leurs contacts et à apporter leur propre contribution.
À cette occasion, elle a annoncé le lancement au Ghana de la première antenne de Women Allying Women, une initiative visant à rapprocher les femmes établies et les leaders émergentes afin de favoriser le mentorat et l’ouverture de réseaux professionnels.
La structure ghanéenne devrait accueillir jusqu’à 40 participantes et être animée par un binôme composé d’une femme expérimentée et d’une leader émergente.
« Quand une femme entre dans une salle de pouvoir, nous la célébrons. Mais quand elle se retourne et tient la porte ouverte pour celle qui attend dans le couloir, c’est toute la maison qui commence à changer », a souligné Olori Atuwatse III.
Les deux intervenantes ont ainsi mis en avant la nécessité de combiner des politiques publiques favorables à l’égalité avec des initiatives concrètes de solidarité, d’accompagnement et d’accès aux opportunités.
Le petit-déjeuner du leadership féminin s’est tenu au Mövenpick Ambassador Hotel d’Accra, dans le cadre de l’Elevate Africa Annual Convening 2026.
AC/Sf/APA





