Le président algérien Abdelmadjid Tebboune, a décidé, lundi 26 octobre, d’envoyer des unités de l’Armée nationale populaire au Niger, afin d’assurer la protection des intérêts énergétiques et économiques communs entre les deux pays, selon un communiqué de la Présidence algérienne.
Cette décision intervient au lendemain de son approbation à l’unanimité par les deux chambres du Parlement algérien, lors de deux séances plénières à huis clos tenues dimanche.
Le vote intervient quelques jours après la visite à Alger du ministre nigérien de la Défense, Salifou Modi, qui s’est entretenu avec le président Tebboune et le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, Saïd Chengriha. Un protocole de coopération militaire a été signé à cette occasion, sans que son contenu soit rendu public.
Selon des médias, l’armée algérienne devrait s’installer à Madama, ancien avant-poste de l’armée française situé dans le désert nigérien. Sise au nord du Niger, près de la frontière avec la Libye, cette base avait été conçue par l’armée française dans le cadre de l’opération Barkhane, initiée le 1er août 2014 et achevée officiellement le 9 novembre 2022. Cette opération ciblait les groupes jihadistes et visait à renforcer la sécurité dans la région du Sahel.
Des médias algériens justifient cette décision par le besoin de protéger les investissements de « Sonatrach International » dans ce pays sahélien voisin. Depuis 2005, le groupe public Sonatrach détient un permis d’exploration sur le bloc de Kafra, d’une superficie d’environ 23.700 km², tandis que sa filiale ENAFOR mène des opérations de forage dans la région d’Agadez.
En août dernier, l’Algérie avait livré quatre hélicoptères militaires à l’armée nigérienne : deux hélicoptères d’attaque Mi-24V/Super Hind Mk-III et deux hélicoptères de transport Mi-171, accompagnés de munitions et d’équipements de maintenance. Ces appareils visaient à renforcer les capacités des forces nigériennes contre les groupes armés.
Trois ans après le coup d’État de juillet 2023, qui a renversé le président Mohamed Bazoum, le Niger lutte toujours pour rétablir la stabilité face à une insécurité persistante. La tentative de coup d’État des 28 et 29 août, au cours de laquelle des mutins auraient temporairement pris le contrôle de l’aéroport, de drones turcs qui y étaient stationnés et de médias d’État, a mis en évidence les vulnérabilités du pouvoir nigérien.
L’envoi de troupes algériennes à l’étranger est autorisé depuis la révision constitutionnelle de 2020, sous réserve de l’approbation des deux tiers des membres de chacune des deux chambres du Parlement. Les relations entre Alger et Niamey s’étaient dégradées l’an dernier après la destruction par l’Algérie d’un drone en provenance du Mali, un incident qui avait provoqué une crise diplomatique régionale. Depuis, les deux capitales ont engagé un processus de normalisation et renforcé leur coopération politique, économique et sécuritaire.
AK/Sf/APA





