Le Maroc lancera d’ici fin juillet 2025 la construction de la première phase du gazoduc stratégique Nigéria–Maroc. Un tronçon de 6 milliards de dollars reliera Nador à Dakhla, amorçant l’un des plus ambitieux corridors énergétiques du continent africain.
Le projet de gazoduc Nigéria–Maroc entre dans sa phase concrète. Le Royaume prévoit de lancer avant la fin du mois de juillet les travaux de la première portion de l’infrastructure, qui s’étendra du port de Nador, au nord, jusqu’à la ville de Dakhla, dans les provinces du Sud. Cette première phase, estimée à plus de 6 milliards de dollars (soit environ 5,55 milliards d’euros), amorce la réalisation d’un chantier de plus de 5 000 kilomètres, destiné à relier le Nigéria au Maroc et, à terme, à l’Europe.
Dans un entretien accordé au média saoudien Asharq, la ministre marocaine de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a confirmé que cette infrastructure de très grande envergure mobilisera au total plus de 20 milliards de dollars d’investissements. Selon elle, un nouveau paquet financier sera annoncé dans les prochaines semaines, structuré autour de fonds souverains et de bailleurs d’infrastructures à haut rendement, attirés par une rentabilité annuelle estimée à plus de 12 %.
Le tronçon initial ne se limite pas à un simple maillage national. Il vise à renforcer l’intégration énergétique régionale en reliant directement le Maroc à la Mauritanie et au Sénégal. Le pipeline traversera au total 11 pays d’Afrique de l’Ouest et du Nord, acheminant près de 30 milliards de pieds cubes de gaz par jour. L’enjeu est double : offrir un accès sécurisé à l’énergie à plusieurs pays d’Afrique subsaharienne et permettre au Maroc de devenir une plateforme stratégique d’exportation de gaz vers l’Europe, via les interconnexions existantes avec l’Espagne.
Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large du Royaume, fondée sur la diversification des sources d’énergie, la souveraineté énergétique et le développement des interconnexions Sud–Nord. Il intervient aussi dans un contexte géopolitique où l’Algérie, concurrente régionale, continue d’exploiter son rôle d’exportateur via le gazoduc Transmed vers l’Italie. En optant pour une approche coopérative et continentale, le Maroc propose une alternative structurante fondée sur le codéveloppement.
MK/Sf/ac/APA







