Du 26 juillet au 5 août 2025, l’Algérie accueillera la première édition des Jeux scolaires africains dans les villes de Constantine et Annaba. Une initiative qui affiche des ambitions d’unité panafricaine et de rayonnement régional, mais qui souffre d’un manque de transparence sur sa préparation et son ancrage institutionnel.
Présentée par l’APS comme une vitrine de la jeunesse africaine et de la coopération continentale, la tenue de ces Jeux scolaires africains devrait mobiliser des centaines d’élèves-athlètes venus d’une trentaine de pays. Le choix de Constantine et Annaba s’inscrit dans la stratégie du gouvernement algérien visant à décentraliser les grands événements et valoriser les infrastructures hors de la capitale.
Toutefois, à moins de deux semaines de l’ouverture, les contours de l’événement restent flous. Aucun programme officiel n’a été publié, et la communication des autorités locales est quasi inexistante. Les rénovations promises dans les équipements sportifs de proximité, notamment à El Khroub ou Sidi Amar, n’ont pas été livrées. De nombreuses fédérations sportives africaines n’ont toujours pas confirmé la liste de leurs délégations, et les soutiens institutionnels panafricains sont timides. Ni la Cédéao ni l’Union africaine ne semblent s’être pleinement investies dans l’organisation.
Dans un contexte régional marqué par de fortes rivalités diplomatiques – notamment avec le Maroc et la Tunisie sur le terrain sportif, cet événement est aussi vu comme une tentative d’Alger de restaurer son image de puissance africaine engagée. Mais l’absence de transparence budgétaire, le déficit d’ancrage éducatif durable et l’absence de partenaires techniques internationaux limitent, pour l’heure, la portée réelle de ces Jeux.
La réussite du projet dépendra de la capacité du gouvernement à assurer un accueil digne, à proposer une couverture médiatique professionnelle et à construire des passerelles pédagogiques durables entre les écoles algériennes et africaines. À défaut, cet événement pourrait n’être qu’un coup diplomatique à usage interne, sans postérité réelle.
MK/Sf/ac/APA







