La rentrée scolaire 2026-2027 des élèves algériens a été reportée de deux semaines, au 21 septembre, sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune, après plusieurs demandes de révision du calendrier liées notamment à la canicule dans le Sud et aux enjeux de la saison touristique.
Les services du Premier ministère Alger ont annoncé samedi un réaménagement du calendrier de la rentrée scolaire 2026-2027, sur instructions du président Abdelmadjid Tebboune. Les personnels administratifs reprendront leurs fonctions le 6 septembre, les enseignants le 13 septembre et les élèves le lundi 21 septembre. Ces derniers devaient initialement retrouver les classes le 6 septembre, selon le calendrier communiqué fin juillet par le ministère de l’Éducation nationale.
Cette modification intervient après plusieurs jours de controverse autour de la date initialement retenue. Des parlementaires représentant des wilayas du Sud avaient notamment demandé au ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Saadaoui, de revoir le calendrier en raison des températures particulièrement élevées qui peuvent encore être enregistrées dans ces régions durant la première moitié de septembre. Ils avaient invoqué les risques pour les élèves et les personnels ainsi que les conséquences de la chaleur sur les conditions d’apprentissage.
La Fédération nationale de l’hôtellerie et du tourisme avait également plaidé pour un report, en s’adressant à la présidence de la République. Les professionnels du secteur estimaient qu’une rentrée dès le début septembre réduirait la durée effective de la saison estivale, alors que l’activité touristique se poursuit durant une partie du mois. La décision présidentielle apparaît ainsi comme un arbitrage entre des considérations éducatives, climatiques et économiques.
L’annonce du report intervient parallèlement à une période de débats autour des orientations du ministère de l’Éducation. Plusieurs mesures envisagées dans le cadre de la réforme pédagogique, notamment concernant l’organisation de l’enseignement du français et de la philosophie, ont suscité des critiques d’enseignants et de responsables politiques. Le ministre a assuré qu’aucune matière ne serait supprimée et que les changements envisagés relevaient d’une réorganisation pédagogique.
La secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, avait notamment demandé au chef de l’État de suspendre le projet de réforme et de privilégier une concertation associant spécialistes de l’éducation, pédagogues et linguistes. Ces critiques ont contribué à placer la politique éducative au centre du débat public à quelques semaines de la reprise des cours.
Le fait que le nouveau calendrier ait été annoncé par le Premier ministère, avec une référence explicite aux instructions du président, donne à la décision une dimension dépassant le seul ministère de l’Éducation. Sans explication officielle supplémentaire, cet arbitrage présidentiel intervient alors que le département de Mohamed Seghir Saadaoui se trouve confronté simultanément aux discussions sur la réforme pédagogique et aux contestations suscitées par l’organisation de la rentrée.
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