Sur ses réseaux sociaux samedi 23 août, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a appelé à garantir la régularité et la transparence des élections législatives et locales prévues en septembre, à la suite de signalements d’irrégularités dans les listes de candidatures.
Le président gabonais a exprimé son inquiétude face à des « irrégularités dans la composition des listes de candidatures » et insisté sur « la transparence, la rigueur et le respect des règles républicaines » pour garantir « l’intégrité, la transparence et la paix » des scrutins.
« Depuis quelques heures, des informations troublantes me parviennent concernant des irrégularités dans la composition des listes de candidatures pour les prochaines élections législatives et locales », a écrit le chef de l’État sur ses comptes officiels.
« Je le dis avec fermeté : ces incongruités, si tant est qu’elles sont avérées, sont inacceptables. Elles portent atteinte à l’équité du processus électoral et sapent les fondements mêmes de notre démocratie », a-t-il poursuivi.
Il a rappelé que « le dépouillement des urnes se fera bureau par bureau en présence des médias » et qu’une « nuit électorale » sera organisée pour la circonstance.
Cette déclaration intervient après le communiqué d’Ensemble Pour le Gabon (EPG), dirigé par l’ancien Premier ministre Alain Claude Bilie By Nze, arrivé deuxième à la présidentielle remportée par Oligui Nguema. EPG a dénoncé le calendrier et la validation des candidatures par le Ministère de l’Intérieur, signalant que la liste a été publiée seulement un jour avant la fin du délai de recours contentieux, pénalisant les candidats hors de Libreville.
Selon EPG, sur 24 dossiers déposés, seules 10 candidatures ont été validées et une autre retenue comme indépendante alors qu’elle avait été introduite sous la bannière du mouvement. Le parti accuse le Ministère de l’Intérieur et la CNOCER de ne pas avoir pris en compte les dossiers déposés dans le délai supplémentaire de 48 heures et dénonce ces pratiques comme « une tentative d’exclusion ».
EPG appelle à « garantir la participation de tous les candidats pour un scrutin véritablement démocratique, libre et apaisé ».
Le double scrutin législatif et local se tiendra le samedi 27 septembre 2025 pour le premier tour. La campagne est prévue du 17 au 26 septembre.
Un second tour des législatives est programmé pour le 11 octobre 2025, avec une campagne fixée du 1er au 10 octobre.
La mise en garde d’Oligui Nguema résonne particulièrement dans le contexte de son arrivée au pouvoir, le 30 août 2023, à la faveur d’un coup d’État militaire qui avait renversé Ali Bongo Ondimba. À l’époque, les putschistes avaient invoqué de « graves irrégularités » dans le scrutin présidentiel et dénoncé une « gouvernance irresponsable et imprévisible ». Deux ans plus tard, le chef de l’État rappelle ainsi que la transparence électorale demeure, selon lui, la condition essentielle pour préserver la démocratie et la stabilité des institutions gabonaises.
AC/Sf/APA





