La Commission éthiopienne des droits de l’homme (EHRC) alerte sur une montée inquiétante des menaces, intimidations et harcèlements sexuels à l’encontre des étudiantes, particulièrement dans les régions en conflit d’Amhara et d’Oromia. Le rapport souligne des lacunes majeures dans la protection des élèves et un accès à l’éducation gravement perturbé par les violences et les catastrophes naturelles.
La Commission éthiopienne des droits de l’homme (EHRC) a annoncé une augmentation des menaces, des intimidations et du harcèlement sexuel à l’encontre des étudiantes, les auteurs étant identifiés comme des enseignantes et des camarades de classe.
Dans son dernier rapport publié mardi, la commission indique que les intimidations sont plus graves dans les régions d’Amhara et d’Oromia, en proie à un conflit depuis deux ans.
« Certaines écoles infligent des sanctions entraînant des préjudices physiques et psychologiques, tandis que les conflits persistants entre groupes armés et forces gouvernementales mettent davantage en danger les élèves dans ces régions », souligne l’EHRC.
Ce rapport fait suite à une surveillance par l’EHRC des écoles publiques et privées de la capitale Addis-Abeba, ainsi que des régions d’Afar, d’Amhara, de Gambella, d’Oromia et du sud de l’Éthiopie.
Selon la commission, les classes surpeuplées, l’absence d’infirmeries scolaires et de trousses de premiers secours, la pénurie de professionnels de santé, ainsi que l’absence de politiques de protection de l’enfance et de lutte contre la discrimination ont aggravé l’intimidation envers les élèves de sexe féminin.
La commission a également identifié la présence de khat, de chicha et de pool-houses à proximité de certaines écoles, ainsi que l’absence d’un système de réclamation adapté aux enfants, comme de graves préoccupations en matière de droits humains ayant un impact négatif sur l’apprentissage.
Un rapport de l’UNICEF indique que plus de neuf millions d’enfants ne sont pas scolarisés en Éthiopie en raison des conflits, des déplacements et des catastrophes naturelles. Les chiffres les plus élevés sont enregistrés dans la région d’Amhara, avec 4,4 millions d’enfants concernés, suivie de l’Oromia avec 3,2 millions et du Tigré avec 1,2 million.
Le rapport souligne également que plus de 6 000 écoles à travers le pays ont été fermées et plus de 10 000 autres endommagées ou détruites, perturbant gravement l’accès à l’éducation.
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