Un témoin de la défense a affirmé devant la Haute Cour du Lesotho que l’ancien Premier ministre Thomas Thabane figurait parmi les instigateurs d’un présumé complot de mutinerie au sein de l’armée en 2015, dans le cadre du procès de neuf militaires accusés du meurtre de l’ex-chef des forces armées, Maaparankoe Mahao.
Le général de division à la retraite Tumo Lekhooa, ancien responsable du renseignement militaire et ex-directeur du Service national de sécurité, a déclaré que le projet de mutinerie impliquait des dirigeants de la Convention de tous les Basotho (ABC), du Parti national basotho (BNP) et du Congrès réformé du Lesotho.
Selon son témoignage, ces responsables se seraient réunis à la State House après les élections de février 2015 afin d’examiner les moyens de contester les résultats du scrutin et de mobiliser des militaires.
M. Lekhooa a notamment affirmé que le chef du BNP, Thesele Maseribane, coordonnait les opérations, tandis que le commissaire de police de l’époque, Khothatso Ts’ooana, aurait promis de fournir armes, munitions et effectifs.
Le témoin a également soutenu que Thomas Thabane, alors réfugié en Afrique du Sud pour des raisons de sécurité, avait publiquement exprimé son soutien aux soldats exilés et promis leur retour ainsi que leur réintégration en cas de retour au pouvoir. Selon lui, cet engagement a été honoré en 2017, lorsque M. Thabane est redevenu Premier ministre et que les poursuites pour mutinerie ont été abandonnées, ouvrant la voie à la réintégration et à la promotion de plusieurs militaires.
Toujours selon le général à la retraite, les services de renseignement de l’armée avaient conclu que la mutinerie reposait sur des soutiens internes et externes. Il a accusé des partis politiques et certaines organisations non gouvernementales d’avoir mené une campagne visant à nier l’existence du complot en évoquant notamment des « enlèvements » et des « séquestrations », ce qui aurait alimenté un climat de peur ayant poussé certains Basotho à quitter le pays.
Lui-même poursuivi pour des faits de mutinerie et de trahison remontant à 2014, Tumo Lekhooa avait fui le Lesotho en 2017 avant de revenir en 2025, année de son arrestation suivie d’une libération sous caution.
Son témoignage s’inscrit dans la phase de défense du procès, ouverte après le rejet, en janvier dernier, d’une demande d’acquittement des accusés.
Neuf militaires, dont l’ancien commandant de l’armée Tlali Kamoli, sont poursuivis pour le meurtre de Maaparankoe Mahao, tué en juin 2015, ainsi que pour tentative de meurtre, vol et destruction de biens. L’affaire se poursuit devant le juge Charles Hungwe.
JN/fss/te/APA







