Le 3 juin est associé à plusieurs épisodes marquants de l’histoire africaine et de ses diasporas, de la conquête coloniale de l’Afrique de l’Ouest au martyre des chrétiens ougandais, en passant par le destin exceptionnel de Joséphine Baker, une tragédie aérienne au Nigéria et l’un des épisodes les plus sanglants de la révolution soudanaise.
Le 3 juin 1818 naît à Lille Louis Léon César Faidherbe, officier du génie qui deviendra l’une des figures majeures de l’expansion coloniale française en Afrique de l’Ouest. Gouverneur du Sénégal à deux reprises entre 1854 et 1865, il crée les Tirailleurs sénégalais en 1857, développe les infrastructures de la colonie et mène de nombreuses campagnes militaires contre les royaumes africains résistants. Son action contribue à jeter les bases de l’expansion française qui conduira, quelques décennies plus tard, à la création de l’Afrique occidentale française (AOF).
Le 3 juin 1886, Charles Lwanga et plusieurs de ses compagnons sont exécutés à Namugongo, dans le royaume du Buganda, en actuelle Ouganda. Refusant d’abjurer leur foi chrétienne, ces jeunes pages de la cour du kabaka Mwanga II sont brûlés vifs. Canonisés en 1964 par le pape Paul VI, les martyrs de l’Ouganda sont aujourd’hui parmi les figures religieuses les plus vénérées du continent. Chaque année, leur mémoire attire à Namugongo des centaines de milliers de pèlerins venus de toute l’Afrique.
Le 3 juin 1906 voit naître à Saint-Louis, dans le Missouri, Freda Josephine McDonald, plus connue sous le nom de Josephine Baker. Descendante d’esclaves africains, elle devient l’une des artistes les plus célèbres du XXe siècle après son installation à Paris. Résistante durant la Seconde Guerre mondiale, militante des droits civiques aux États-Unis et défenseure de l’égalité raciale, elle demeure l’une des personnalités les plus emblématiques de la diaspora africaine. En 2021, elle entre symboliquement au Panthéon français, devenant la première femme noire à y être honorée.
Le 3 juin 2012, le Nigeria est frappé par la pire catastrophe aérienne de son histoire. Le vol 0992 de Dana Air, reliant Abuja à Lagos, s’écrase dans le quartier d’Iju-Ishaga après une panne des moteurs lors de son approche finale. Les 153 personnes à bord périssent, ainsi que six habitants au sol, portant le bilan total à 159 morts. Le drame relance alors les débats sur la sécurité aérienne dans le pays et sur le continent.
Plus récemment, le 3 juin 2019, le Soudan connaît l’un des épisodes les plus meurtriers de sa révolution. Les Forces de soutien rapide (RSF), commandées par le général Abdel Fattah al-Burhan, dispersent dans la violence le sit-in installé depuis plusieurs semaines devant le quartier général de l’armée à Khartoum. Au moins une centaine de manifestants sont tués selon les estimations les plus couramment retenues, tandis que plusieurs organisations soudanaises avancent un bilan supérieur à 120 victimes. Le massacre marque durablement la transition ouverte après la chute du président El Béchir et demeure une plaie ouverte dans la mémoire collective du pays.
Le 3 juin est également célébré en Ouganda comme le Martyrs’ Day, fête nationale commémorant le sacrifice de Charles Lwanga et de ses compagnons. En 2026, cette commémoration revêt une dimension particulière puisqu’elle marque le 140e anniversaire de leur martyre. Des pèlerins venus d’Afrique de l’Est, d’Afrique centrale et d’autres régions du continent convergent vers Namugongo pour participer aux célébrations.
Sf/APA







