Deux ressortissants des Émirats arabes unis, enlevés fin septembre près de la capitale malienne, ont recouvré la liberté après plus de quatre semaines de détention.
Cette libération, intervenue à Gao à la suite de négociations discrètes, s’inscrit dans un contexte sahélien marqué par la résurgence des enlèvements à des fins de rançon.
Deux citoyens des Émirats arabes unis, enlevés fin septembre 2025 près de Bamako, ont été libérés le 30 octobre après plus de quatre semaines de détention.
Leur remise a eu lieu à Gao, à l’issue de longues négociations menées dans un contexte sécuritaire toujours marqué par la présence du groupe armé JNIM, affilié à Al-Qaïda.
L’information, confirmée par plusieurs agences de presse internationales dont Reuters, fait état d’un accord financier d’environ 50 millions de dollars ayant permis la libération des deux Émiratis ainsi que celle d’un otage iranien. Ni les autorités maliennes ni les responsables émiratis n’ont commenté publiquement les conditions de cette issue. Les ex-otages ont été transférés vers Abou Dhabi après leur remise à des intermédiaires impliqués dans l’opération.
L’enlèvement était survenu le 23 septembre 2025 dans la localité de Sanankoroba, à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale malienne. Quelques jours plus tard, une vidéo diffusée sur un canal proche du JNIM montrait des hommes armés s’exprimant en fulfulde, renforçant les soupçons d’une implication jihadiste. Bien qu’aucune revendication officielle n’ait été publiée, plusieurs enquêtes locales et recoupements médiatiques ont confirmé cette piste.
Les détails des négociations demeurent flous. Certains médias régionaux évoquent un accord combinant facilités logistiques et versement financier, tandis que Reuters rapporte un paiement unique approuvé par les autorités émiraties. Aucun élément ne confirme toutefois l’existence d’une contrepartie en matériel militaire.
Du côté d’Abou Dhabi, la presse cite des sources diplomatiques affirmant que les ressortissants libérés ont été immédiatement pris en charge par les autorités à leur arrivée, sans mention du montant de la rançon. Les médias officiels émiratis ont simplement évoqué une « opération de coopération régionale » menée pour garantir le retour des citoyens captifs.
Cette affaire illustre une fois de plus la persistance du phénomène des enlèvements dans la région sahélienne. Les groupes armés affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique y recourent régulièrement pour financer leurs activités.
Selon les rapports du Conseil de sécurité de l’ONU et des services antiterroristes sahéliens, les rançons versées entre 2015 et 2025 se chiffreraient à des centaines de millions de dollars, souvent réglées par des États ou par des entités privées mandatées.
La libération des deux Émiratis met ainsi un terme à plus d’un mois de captivité et rappelle la complexité des médiations diplomatiques et sécuritaires dans le Sahel, où la discrétion et la négociation restent les outils privilégiés pour sauver des vies tout en évitant les tensions entre partenaires régionaux.
MD/te/Sf/APA







