Le Maroc a présenté samedi, lors de la COP30 au Brésil, son modèle d’éducation climatique fondé sur la participation des jeunes, soulignant le rôle central de cette approche dans la mise en œuvre de sa stratégie nationale de transition bas carbone.
L’intervention a eu lieu lors d’un séminaire consacré aux enjeux éducatifs dans la lutte contre le changement climatique.
Selon la délégation marocaine, l’éducation environnementale constitue un pilier de sa contribution déterminée au niveau national (CDN) actualisée, avec un accent particulier sur l’implication directe des jeunes dans la définition et le suivi des priorités climatiques.
Le Centre international Hassan II de formation environnementale, relevant de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement, a détaillé son dispositif de participation citoyenne étendu aux douze régions du pays.
Le directeur du centre, Ayman Cherkaoui, a indiqué que l’éducation au climat est devenue « un axe structurant » des politiques environnementales nationales. Il a précisé que son institution collabore avec les secteurs publics et privés, de la petite enfance à l’enseignement supérieur, afin de diffuser une culture climatique portant sur les océans, la biodiversité et l’adaptation.
D’après lui, les consultations menées auprès des jeunes sont désormais intégrées à la gouvernance des CDN, assurant « un lien direct » entre actions publiques et attentes citoyennes.
Le Maroc a également mis en avant le Pôle africain de la jeunesse pour le climat, créé en 2019 pour accompagner les entrepreneurs de 18 à 35 ans. Cette initiative a soutenu une trentaine de projets en trois phases successives et prévoit une nouvelle étape consacrée au renforcement des capacités des jeunes Africains dans le domaine des solutions climatiques. La délégation affirme que ce dispositif contribue à structurer un écosystème d’innovation verte à l’échelle continentale.
La session a aussi permis de croiser les expériences internationales. La vice-présidente de la COP 30 pour la République dominicaine, Sara González, a expliqué que son pays a formé plus de 10 000 enseignants et professionnels de la communication, estimant que l’éducation constitue « un fil conducteur » reliant atténuation et adaptation.
Le délégué danois Sigurd Seindal Krappe a appelé à dépasser une participation symbolique des jeunes, tandis que le représentant du syndicat des enseignants du Zimbabwe, Sifiso Ndlovu, a souligné l’importance d’indicateurs mesurables pour évaluer les résultats.
La présentation marocaine s’inscrit dans une séquence où plusieurs pays cherchent à renforcer la place des jeunes dans la gouvernance climatique mondiale. Selon la délégation, cette dynamique permettra d’accélérer l’action climatique et de consolider les engagements nationaux en vue de l’objectif de neutralité carbone.
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