Rapatriement des avoirs, programmes avec le FMI, renforcement du secteur bancaire : les dirigeants de la CEMAC ont tranché jeudi sur plusieurs mesures destinées à assainir l’économie de la zone.
Les Chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont adopté jeudi à Brazzaville, une série de mesures urgentes visant à redresser la situation économique, financière et monétaire de la zone, lors d’une Session extraordinaire tenue dans la capitale congolaise.
La rencontre, présidée par Denis Sassou-Nguesso, Président de la République du Congo et Président en Exercice de la Conférence des Chefs d’État, a réuni les dirigeants de la République centrafricaine, du Gabon, de la Guinée équatoriale, ainsi que des représentants du Cameroun et du Tchad.
Selon le communiqué final parvenu à APA, la Conférence a exhorté les États membres à prendre des mesures immédiates, notamment garantir la cohérence entre les lois de finances et les engagements avec le Fonds Monétaire International (FMI), négocier et conclure les programmes économiques avec l’institution de Bretton Woods, et renforcer la communication des statistiques relatives à la gestion des finances publiques.
Rapatriement des avoirs et réformes bancaires
À moyen terme, les Chefs d’État ont insisté sur le rapatriement dans la CEMAC des avoirs détenus à l’extérieur de la zone par les États et les recettes d’exportation des entreprises, notamment celles du secteur extractif. Ils ont également appelé à poursuivre les négociations avec les sociétés des industries extractives pour le rapatriement des fonds de restauration des sites pétroliers.
La Conférence a par ailleurs mis l’accent sur le renforcement du secteur bancaire, à travers la réduction de l’exposition des banques au risque souverain, et sur l’accélération de la mise en place des Comptes uniques des Trésors (CUT) ainsi que la digitalisation des finances publiques.
Indépendance de la BEAC et rôle de la BDEAC
Les dirigeants ont réaffirmé leur attachement à préserver l’indépendance de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et à renforcer le rôle de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC). Ils ont également insisté sur le renforcement du rôle de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) dans le financement et la transformation structurelle des économies de la CEMAC.
La Session extraordinaire s’est déroulée après les sessions des 19 et 21 janvier du Comité ministériel de l’UMAC et du Conseil des ministres de l’UEAC. Les travaux ont été marqués par les interventions du Gouverneur de la BEAC, du Président de la Commission de la CEMAC et de l’Administrateur du Groupe Afrique III au FMI.
Mécanisme de suivi renforcé
Pour assurer un suivi plus actif des décisions, la Conférence a prescrit le renforcement du Secrétariat du Programme des réformes économiques et financières (PREF-CEMAC) pour des missions d’évaluation trimestrielles auprès des acteurs chargés de la mise en œuvre des mesures. Le Secrétariat technique du PREF-CEMAC devra mener l’évaluation du premier trimestre 2026 et produire son rapport avant les Assemblées du FMI et de la Banque Mondiale du printemps prochain.
AC/Sf/APA







