Alger met en avant la relance de projets « récupérés », malgré des doutes persistants sur leur viabilité réelle.
Les autorités algériennes présentent désormais la remise en activité des entreprises « récupérées » dans le cadre des affaires anticorruption comme un pilier de la stratégie industrielle. Depuis Adrar, le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, a assuré que ces unités contribueront à « consolider la dynamique économique » et à renforcer le tissu productif. Une ambition qui peine toutefois à s’appuyer sur des résultats tangibles.
Selon le ministre, les investissements auraient atteint un niveau « avancé » et la production une qualité « acceptable ».
Mais la plupart de ces projets restent marqués par les mêmes faiblesses structurelles : gouvernance fragile, outils vétustes, absence de stratégie sectorielle et dépendance à l’appui de l’État. Des carences qui avaient justement conduit à leur défaillance initiale.
Présentée comme un levier de diversification hors hydrocarbures, cette opération souffre d’un manque de vision d’ensemble. Aucun plan clair n’a été détaillé pour assurer la compétitivité de ces unités, ni pour attirer un secteur privé que le gouvernement prétend vouloir soutenir. Le climat des affaires, lui, reste miné par les lenteurs administratives et l’opacité des décisions publiques.
La promesse d’une « restructuration du paysage industriel » algérien apparaît limitée tant que la réhabilitation se résume à réactiver des entreprises expropriées sans transformation profonde de leur modèle.
En dépit des références officielles à la bonne gouvernance et à la valorisation des ressources locales, les démarches se heurtent encore au poids des réseaux, à la centralisation excessive et au manque de transparence.
En réalité, cette relance présentée comme un signe de regain industriel ressemble davantage à un exercice de communication. Sans réformes structurelles et sans véritable autonomie des acteurs économiques, ces projets risquent de demeurer des vitrines politiques plutôt que des moteurs crédibles de croissance.
MK/ac/Sf/APA







