L’Algérie a inauguré mercredi 20 août un nouveau complexe gazier à Illizi, dans le sud-est du pays, d’une capacité de 12 millions de m³ par jour. Présentés comme un signe de puissance énergétique, ces projets soulèvent toutefois des interrogations sur la stratégie à long terme d’un secteur qui reste prisonnier de la rente gazière.
À l’inauguration du nouveau complexe gazier algérien, le ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab, et le PDG de Sonatrach, Rachid Hachichi, ont mis en avant l’importance du champ d’Ain Tsila et des installations attenantes – deux trains de traitement de gaz, une centrale électrique de 125 mégawatts, ainsi que des pipelines de 355 km. À première vue, le projet illustre une montée en puissance industrielle. Mais derrière cette vitrine, les fragilités structurelles persistent.
Dépendant à plus de 95 % de ses exportations d’hydrocarbures pour ses recettes en devises, Alger peine à diversifier son économie et à répondre à la demande intérieure croissante. Si 2,4 millions de m³ par jour de gaz issus du champ voisin de Tin Fouyé Tabankort sont destinés à l’exportation, la consommation domestique absorbe désormais une part de plus en plus importante de la production, limitant les marges à l’international.
Les observateurs notent également l’absence de véritable stratégie de transition énergétique. Alors que le pays dispose d’un potentiel solaire parmi les plus élevés au monde, les investissements massifs continuent de se concentrer quasi exclusivement sur les hydrocarbures. Ce choix rend l’Algérie vulnérable aux fluctuations des prix mondiaux et accentue la pression sur ses ressources gazières, utilisées à la fois pour la production d’électricité et pour l’exportation.
En inaugurant aussi un aéroport local et une base de vie pour 220 travailleurs, les autorités entendent donner une image de développement intégré. Mais pour de nombreux analystes, ces infrastructures ne masquent pas l’essentiel : une dépendance chronique à une rente énergétique qui freine la modernisation de l’économie et repousse les urgences climatiques et sociales.
MK/Sf/ac/APA







