Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a reçu le chef du parti Front El-Moustakbel, Fateh Boutbig, dans le cadre des entretiens réguliers avec les formations politiques. Derrière l’affichage d’ouverture au dialogue, les observateurs pointent un processus verrouillé où l’exécutif garde la main sur l’agenda politique.
À la demande du Front El-Moustakbel, Abdelmadjid Tebboune a reçu, jeudi, son président Fateh Boutbig, en présence du conseiller à la communication de la présidence, Kamel Sidi Saïd. À l’issue de l’entretien, M. Boutbig a assuré que « le président de la République est ouvert au dialogue national et à toutes les initiatives visant à remédier aux dysfonctionnements ».
Le responsable politique a appelé la classe politique et la société civile à « renforcer le front interne » et à soutenir les institutions de l’État face aux défis actuels. Il a également exprimé sa confiance dans le programme présidentiel, présenté comme un ensemble de réformes destinées à impliquer davantage la jeune génération.
Cependant, cette rencontre s’inscrit dans une séquence déjà bien rodée. Le chef de l’État a multiplié ces derniers mois les audiences avec les responsables du FLN, du RND, du MSP, du mouvement El-Bina, du FFS ou encore du parti Sawt Echaâb. La plupart de ces réunions ont lieu à la demande des partis eux-mêmes et se concluent par des déclarations de soutien au chef de l’État, alimentant le sentiment d’un pluralisme de façade.
Dans le même temps, le gouvernement prépare une révision des codes communal et de wilaya, ainsi qu’une réforme des lois encadrant les partis politiques et le régime électoral. Ces révisions, conduites sans réel débat public, sont perçues par une partie de l’opinion comme un moyen de renforcer le contrôle de l’exécutif plutôt que d’ouvrir un véritable espace démocratique.
Pour nombre d’analystes, la rhétorique de « l’ouverture au dialogue » affichée par le président Tebboune contraste avec la réalité d’un système politique dominé par l’exécutif et marqué par une participation citoyenne limitée. La répétition des audiences au palais d’El-Mouradia illustre, selon eux, davantage une mise en scène de consensus qu’un processus inclusif de réformes politiques.
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