Des responsables de 23 pays africains plaident pour des systèmes robustes de mesure de l’impact du changement climatique sur la santé, soulignant que l’exposition aux aléas climatiques persistera sans ces outils.
Une conférence réunissant des responsables gouvernementaux africains, des institutions scientifiques et des partenaires internationaux a lancé un appel en faveur du renforcement de l’intelligence climat-santé au terme de trois jours d’échanges tenus à Kigali du 3 au 5 décembre, selon un communiqué de l’African Institute for Mathematical Sciences – Research and Innovation Centre parvenu lundi à APA.
La Conférence sur les Standards for Official Statistics on Climate-Health Interactions (SOSCHI), qui a rassemblé des participants de 23 pays, a souligné que la plupart des pays africains continuent de collecter séparément les données liées au climat et à la santé, alors que le changement climatique entraîne déjà des conséquences sanitaires majeures à travers le continent.
Le communiqué conjoint adopté à Kigali met en avant « la nécessité urgente de disposer d’informations plus robustes sur les impacts sanitaires des aléas climatiques afin de renforcer les politiques nationales et d’orienter les interventions ciblées. »
Les délégués ont souligné que le renforcement de l’intelligence climat-santé consolidera les stratégies nationales existantes tout en ouvrant de nouvelles possibilités pour des interventions ciblées, la construction de la résilience et la mise en place de systèmes d’alerte précoce.
Les participants ont convenu que des indicateurs fiables sur les interactions climat-santé sont essentiels pour passer d’approches réactives à une planification proactive fondée sur des données probantes.
Ils ont rappelé que les données brutes ne suffisent pas et que les décideurs ont besoin d’indicateurs harmonisés permettant de comprendre où et comment les aléas climatiques affectent la santé, comment les schémas de maladies évoluent, et où les efforts d’adaptation peuvent produire le plus grand impact.
Dans cette optique, les délégués se sont engagés à intégrer les indicateurs SOSCHI dans leurs systèmes statistiques nationaux, en accordant une attention particulière aux phénomènes météorologiques extrêmes, aux maladies hydriques, aux maladies à transmission vectorielle et à la santé mentale.
La question de la durabilité est ressortie comme un thème transversal essentiel. Les participants ont relevé que le suivi des interactions climat-santé ne peut dépendre de projets à court terme, mais doit s’appuyer sur un financement national durable, des compétences renforcées et des systèmes capables de perdurer à travers les cycles politiques et financiers.
Le renforcement des systèmes d’état civil et de statistiques vitales, l’amélioration de la rapidité des données sanitaires et le développement de la surveillance environnementale et météorologique ont été identifiés comme des piliers pour une intelligence climat-santé pérenne. Le partage de données et l’interopérabilité des systèmes ont également été jugés incontournables.
Les démonstrations techniques présentées par le Rwanda, le Ghana et le Royaume-Uni ont montré comment les indicateurs SOSCHI permettent de mettre en évidence des vulnérabilités émergentes et l’évolution des charges de morbidité.
Les analyses du Rwanda ont révélé les variations spatiales du risque de paludisme en lien avec les tendances de température et de précipitations, tandis que celles du Ghana ont illustré la possibilité de quantifier et de suivre dans le temps les maladies diarrhéiques, la pollution de l’air et la mortalité liée à la chaleur.
Le communiqué invite les offices statistiques nationaux, les ministères de la santé, les institutions de recherche et les bailleurs à rejoindre cet effort pour « fournir des métriques climat-santé validées qui éclairent les politiques, renforcent la résilience et protègent la santé des populations face au changement climatique. »
La réunion de Kigali a réaffirmé que si l’Afrique figure parmi les régions les plus exposées aux impacts immédiats du changement climatique, elle joue également un rôle déterminant dans l’élaboration des normes mondiales nécessaires à une action climat-santé efficace.
ARD/ac/Sf/APA







