Le 20 juillet 2015 s’ouvrait à Dakar le procès de l’ancien président tchadien Hissène Habré devant les Chambres africaines extraordinaires (CAE), une juridiction spéciale créée par le Sénégal et l’Union africaine (UA), dans ce qui constitue une première historique pour la justice africaine.
Accusé de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et d’actes de torture commis durant son régime, de juin 1982 à décembre 1990, Hissène Habré comparaît devant une juridiction africaine établie pour juger les principaux responsables des violations massives des droits humains perpétrées au Tchad.
L’ouverture des audiences est marquée par le refus de l’ancien chef de l’État de reconnaître la compétence de la Cour et par le boycott de ses avocats. Après deux jours d’audience, les juges ordonnent un renvoi de 45 jours afin de permettre aux avocats commis d’office de préparer sa défense. Le procès reprendra le 7 septembre 2015 avec l’examen du fond de l’affaire.
Les Chambres africaines extraordinaires (CAE) ont été créées en 2013 au sein de l’ordre judiciaire sénégalais à la suite d’un accord entre le gouvernement du Sénégal et l’Union africaine, après plusieurs années de procédures judiciaires et diplomatiques. Leur mandat portait sur les crimes internationaux commis au Tchad entre le 7 juin 1982 et le 1er décembre 1990.
Le 30 mai 2016, Hissène Habré est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour crimes contre l’humanité, torture et crimes de guerre. Sa condamnation est confirmée en appel en avril 2017.
L’ouverture de ce procès demeure un jalon majeur de la justice internationale en Afrique. Elle marque la première comparution d’un ancien chef d’État africain devant une juridiction d’un autre État africain pour des crimes internationaux, consacrant le principe selon lequel les auteurs présumés des violations les plus graves des droits humains peuvent être jugés sur le continent africain.
Sf/APA







