Le 10 mai marque l’histoire africaine comme une date de ruptures majeures et de mémoire collective, de l’investiture de Nelson Mandela en 1994 à la naissance d’Aya Nakamura en 1995, en passant par le premier grand sommet environnemental tenu sur le sol africain en 1982.
C’est le fait africain le plus emblématique du 10 mai : en 1994, Nelson Mandela prête serment aux Union Buildings de Prétoria et devient le premier président noir démocratiquement élu de l’histoire de l’Afrique du Sud. Devant des délégations venues du monde entier, l’ancien prisonnier de Robben Island marque la fin définitive de l’apartheid et la naissance de la « Nation Arc-en-ciel ». La veille, le Parlement issu des premières élections multiraciales du 27 avril l’avait élu à cette fonction.
Douze ans plus tôt, le 10 mai 1982, Nairobi avait accueilli le deuxième Sommet de la Terre, organisé au Kenya — siège du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Première conférence mondiale sur l’environnement tenue sur le sol africain, la rencontre se solde par un échec dans un contexte de guerre froide, le président américain Ronald Reagan n’y envoyant que sa fille comme déléguée. L’héritage de Nairobi n’en reste pas moins durable : le PNUE y maintient son siège, faisant de la capitale kényane la capitale mondiale de l’environnement.
Le 10 mai est également, depuis 2006, la journée nationale française des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, instituée par le président Jacques Chirac sur proposition du comité présidé par l’écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé. La date commémore la déportation de plus de onze millions d’Africains vers les Amériques, du XVe au XIXe siècle, et reste un moment de mémoire partagée entre l’Afrique et ses diasporas.
Sur le plan culturel, le 10 mai 1995 voit naître à Bamako Aya Coco Danioko, connue sous le nom d’Aya Nakamura. Issue d’une famille de griots, elle grandit en France et devient l’artiste francophone la plus écoutée au monde. Le 26 juillet 2024, elle chante à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris devant 31,4 millions de téléspectateurs, record de l’histoire de la télévision française.
Sf/APA







