Malgré une représentation politique féminine en progression — avec notamment 61 % de femmes au parlement rwandais, un record mondial —, l’application incomplète des quotas, les attitudes patriarcales et le manque de ressources statistiques freinent encore la marche vers une égalité pleine et effective.
Trente ans après la Déclaration et le Programme d’action de Beijing, les pays d’Afrique de l’Est et australe affichent des avancées tangibles, mais inégales en matière d’égalité de genre.
Un nouveau rapport, intitulé « Gender Equality Response Systems in East and Southern Africa : 30 years after the Beijing Declaration and Platform for Action », dresse un bilan des engagements pris par 23 États de la sous-région et met en lumière des défis persistants.
Depuis 1995, la région a enregistré des progrès notables : réduction des écarts de scolarisation entre filles et garçons au primaire, hausse de l’inscription des jeunes filles dans le secondaire et le supérieur, baisse significative de la mortalité maternelle, ou encore criminalisation du mariage des enfants et des mutilations génitales féminines dans la plupart des pays.
Les réformes législatives se sont également multipliées : 20 États ont adopté des lois ou stratégies contre les violences basées sur le genre et 14 ont mis en place des politiques favorisant la réinsertion scolaire des adolescentes après une grossesse.
Cependant, les inégalités demeurent. Les femmes restent sur-représentées dans le secteur informel, sous-représentées dans la consolidation de la paix et la gouvernance climatique, et continuent de subir stéréotypes, violences politiques et discriminations dans les sphères décisionnelles.
« Ce lien entre pauvreté et inégalités de genre crée un cercle vicieux qui appauvrit davantage les communautés », a alerté Mme Keiso Matashane-Marite, de la Commission économique pour l’Afrique (CEA).
Pour l’ONU Femmes, la clé réside dans des engagements « visibles, mesurables et adaptés aux besoins de toutes les femmes et filles », selon sa directrice régionale pour l’Afrique de l’Est et australe, Anna Mutavati.
Celle-ci appelle à renforcer les lois, à accroître les financements, à améliorer la collecte de données de genre et à garantir des partenariats inclusifs.
ARD/ac/Sf/APA







