Le 6 avril concentre plusieurs événements marquants de l’histoire africaine, allant des débuts de la présence européenne en Afrique australe à l’émergence d’un mouvement religieux majeur en Afrique centrale, en passant par une tentative de coup d’État au Cameroun, l’attentat déclencheur du génocide des Tutsi au Rwanda et une proclamation indépendantiste au Mali.
Le 6 avril 1652, l’expédition dirigée par Jan van Riebeeck, au service de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, accoste dans la baie de la Table, à proximité de la Table Mountain. Les navires Drommedaris et Goede Hoop entrent dans la baie ce jour-là, rejoints le lendemain par le Reijger. Cette installation, initialement conçue comme un simple poste de ravitaillement sur la route des Indes, marque le début de la présence européenne permanente en Afrique australe.
Au fil des années, cette implantation évolue vers une colonisation de peuplement, accompagnée de l’appropriation des terres et de conflits avec les populations khoïkhoi. Dès 1658, des pratiques de bannissement vers Robben Island sont instaurées, faisant de cette île un lieu d’exil qui deviendra plus tard une prison emblématique du régime d’apartheid, où fut détenu Nelson Mandela.
Le 6 avril 1921 marque par ailleurs le début de la mission spirituelle de Simon Kimbangu à Nkamba, dans l’actuelle République démocratique du Congo ( RDC). Ce jour-là, il affirme avoir reçu une révélation divine et guérit une femme, acte fondateur de l’Église kimbanguiste. Le mouvement, rapidement perçu comme subversif par l’administration coloniale belge, conduit à son arrestation. Condamné à mort, il voit sa peine commuée en détention à perpétuité et passera trente années en prison. Cette date est aujourd’hui un jour férié en RDC, consacré au combat de Simon Kimbangu et à la conscience africaine.
Dans un registre politique, le 6 avril 1984, une faction de la garde républicaine camerounaise tente de renverser le président Paul Biya, arrivé au pouvoir en 1982 après la démission de Ahmadou Ahidjo. Le putsch, lancé dans la nuit du 5 au 6 avril à Yaoundé, échoue après de violents affrontements. Le bilan officiel fait état de 70 morts, bien que des estimations non officielles évoquent un nombre plus élevé. La répression qui s’ensuit conduit à de nombreuses arrestations et à des condamnations à mort, consolidant durablement le pouvoir en place.
Le 6 avril 1994 constitue l’un des tournants les plus tragiques de l’histoire contemporaine africaine. Ce jour-là, l’avion transportant le président rwandais Juvénal Habyarimana et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira est abattu à l’approche de Kigali. Aucun survivant n’est recensé parmi les passagers, qui comprenaient également des membres de leur entourage et un équipage français. Cet attentat déclenche, dans les heures qui suivent, le génocide des Tutsi, qui fera entre 500 000 et un million de morts en une centaine de jours.
Enfin, le 6 avril 2012, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) proclame unilatéralement l’indépendance de l’Azawad, dans le nord du Mali. Cette indépendance est immédiatement rejetée par l’Union africaine, l’ONU et la communauté internationale, et reste sans effet durable, les groupes jihadistes prenant rapidement le dessus sur le terrain.
Sf/APA







