Le 10 août 2012, des milliers de mineurs de la mine de platine de Marikana, exploitée par le groupe Lonmin dans la province du Nord-Ouest en Afrique du Sud, cessent le travail pour réclamer une forte revalorisation de leurs salaires, déclenchant une crise sociale qui se soldera quelques jours plus tard par l’un des épisodes les plus meurtriers de l’Afrique du Sud post-apartheid.
Les mineurs, qui réclament notamment une rémunération mensuelle de 12 500 rands, se rassemblent le 10 août 2012, sur une colline proche de la mine, après avoir tenté d’obtenir un dialogue avec la direction. Le mouvement, organisé en dehors des structures syndicales traditionnelles, s’étend rapidement à plusieurs puits de Marikana.
La mobilisation intervient dans un contexte de fortes tensions sociales dans le secteur minier sud-africain, marqué par les revendications salariales et les rivalités entre syndicats, notamment entre le National Union of Mineworkers (NUM) et l’Association of Mineworkers and Construction Union (AMCU).
La situation dégénère dans les jours suivants. Le 16 août, la police sud-africaine ouvre le feu sur des mineurs grévistes rassemblés à Marikana, tuant 34 personnes et en blessant 78 autres. Ce drame, connu sous le nom de « massacre de Marikana », provoque une onde de choc dans le pays et suscite de nombreuses critiques sur le recours à la force par les autorités.
Au total, 44 personnes meurent dans les violences liées au conflit entre le 9 et le 16 août 2012, selon les conclusions de la commission d’enquête mise en place par le gouvernement sud-africain.
Le drame de Marikana relance le débat sur les conditions de travail et les inégalités économiques dans le secteur minier, un pilier historique de l’économie sud-africaine. Il conduit également à d’importantes procédures judiciaires et à des indemnisations de victimes et de familles de victimes.
Plus d’une décennie après les événements, Marikana reste un symbole des tensions sociales persistantes dans l’Afrique du Sud démocratique et l’un des épisodes les plus marquants de l’histoire du pays depuis la fin de l’apartheid.
Sf/APA







