Le président algérien Abdelmadjid Tebboune s’est rendu samedi auprès des blessés des incendies, tout en évoquant une possible origine criminelle avant que les enquêtes n’aient livré leurs conclusions.
Abdelmadjid Tebboune a visité l’hôpital des grands brûlés Dr Saïd-Chibane de Zéralda, près d’Alger, où ont été transférées plusieurs victimes des feux ayant frappé le nord-est du pays. Il était accompagné du chef d’état-major de l’armée, Saïd Chanegriha, et du ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène.
Les incendies ont fait au moins 12 morts, dont cinq à Jijel, quatre à Béjaïa et trois à Tizi Ouzou. Cinquante-quatre personnes ont également été blessées, parmi lesquelles six se trouvaient dans un état grave, selon le bilan communiqué par les autorités.
Au chevet des patients, le président a assuré que tous les blessés, y compris les cas les plus complexes, seraient pris en charge dans cet établissement spécialisé. Il a salué le travail des équipes médicales et multiplié les paroles de réconfort, lors d’une visite largement relayée par les médias publics. Cette séquence n’a toutefois été accompagnée d’aucune annonce nouvelle concernant l’indemnisation des familles, l’assistance aux sinistrés ou le renforcement des moyens de prévention.
Abdelmadjid Tebboune a attribué la propagation rapide des flammes à des vents qui auraient atteint 100 km/h, empêchant notamment l’intervention des avions bombardiers d’eau. Il a cependant estimé que ces conditions météorologiques ne suffisaient pas à expliquer la violence de certains départs de feu.
«Je pense qu’il y a quelque chose de criminel», a-t-il déclaré, tout en promettant que les investigations établiraient les responsabilités.
Cette hypothèse intervient alors que les enquêtes annoncées par le ministère de l’Intérieur restent en cours et qu’aucun élément matériel n’a été rendu public. Les témoignages de blessés, décrivant des flammes particulièrement rapides, peuvent éclairer la chronologie du drame, mais ne permettent pas à eux seuls d’en déterminer l’origine.
La communication présidentielle a surtout insisté sur la compassion du chef de l’État, l’héroïsme des secouristes et la solidarité populaire. Elle a laissé au second plan les interrogations sur l’efficacité des systèmes d’alerte, l’évacuation des habitants, l’entretien des espaces forestiers et la disponibilité des moyens aériens.
Dans un pays régulièrement frappé par des incendies estivaux meurtriers, avancer trop tôt la piste criminelle risque de détourner le débat des éventuelles défaillances structurelles. La recherche d’actes volontaires reste légitime, mais elle ne saurait dispenser les autorités d’une évaluation transparente de la préparation et de la réponse publiques.
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