Du soulèvement malgache de 1947 à l’acquittement de Nelson Mandela en 1961, le 29 mars renvoie à plusieurs épisodes marquants de l’histoire africaine, entre violences politiques, luttes anticoloniales et crimes restés impunis.
Le 29 mars concentre plusieurs événements majeurs de l’histoire africaine et afro-descendante, illustrant à la fois la brutalité des systèmes de domination et la résilience des mouvements de libération.
Dans la nuit du 29 au 30 mars 1947, éclate l’insurrection malgache contre l’ordre colonial français. Des groupes d’insurgés, souvent faiblement armés, attaquent des positions militaires et symboles de la présence coloniale, notamment à Moramanga. La répression est rapide et d’une extrême violence : exécutions sommaires, villages incendiés, regroupements forcés et opérations militaires massives. Le bilan humain reste débattu, les estimations variant généralement entre 40 000 et 100 000 morts, incluant victimes directes et indirectes.
Certaines pratiques, comme les exécutions depuis des avions, sont documentées par des témoignages et travaux historiques, bien que discutées dans leur ampleur. Depuis 1967, Madagascar commémore chaque 29 mars comme la Journée des Martyrs.
Le 29 mars 1959, Barthélémy Boganda, figure centrale de l’émancipation de l’Oubangui-Chari, meurt dans un crash d’avion près de Bangui. Fondateur du MESAN et artisan de l’unité centrafricaine, il disparaît à 48 ans dans des circonstances qui alimentent encore les spéculations, certains évoquant sans preuve formelle un possible sabotage. Sa disparition, à quelques mois de l’indépendance proclamée en août 1960, ouvre une période d’incertitude politique dans le pays.
Le 29 mars 1961 marque un tournant judiciaire en Afrique du Sud avec l’acquittement de Nelson Mandela et de ses coaccusés au terme du procès pour trahison engagé en 1956 contre 156 militants anti-apartheid. Après plusieurs années de procédure, le tribunal conclut à l’insuffisance de preuves d’un complot visant à renverser l’État par la violence. Cet acquittement, prononcé par le juge Frans Rumpff, constitue une victoire symbolique pour le mouvement anti-apartheid. Quelques mois plus tard, Mandela participera à la création de la branche armée de l’ANC, Umkhonto we Sizwe.
Enfin, le 29 mars 1988, Dulcie September, représentante de l’ANC en France, est assassinée à Paris devant son bureau. Touchée par plusieurs tirs d’arme à feu équipée d’un silencieux, elle menait notamment des investigations sur de possibles violations de l’embargo sur les armes visant le régime d’apartheid. Malgré les soupçons pesant sur les services sud-africains de l’époque, l’enquête judiciaire française n’a jamais permis d’identifier les commanditaires. Son meurtre demeure non élucidé.
Sf/APA







