Le gouvernement ivoirien, soutenu par la BAD et la FAO, a officiellement lancé le 26 mars 2026, le Projet de développement des chaînes de valeur compétitive de l’aquaculture et de la pêche durable (ProDeCAP) à San-Pedro, dans le Sud-ouest du pays.
Réunis dans la cité balnéaire de San-Pedro, les acteurs du secteur halieutique ont donné le coup d’envoi du Projet de Développement des chaînes de valeur compétitive de l’aquaculture et de la pêche durable (ProDeCAP). Doté d’un budget d’environ 19 milliards de FCFA, ce programme s’étalera sur cinq ans.
Le ProDeCAP vise notamment à transformer durablement le secteur halieutique et à réduire la dépendance aux importations de poissons. C’est un tournant stratégique pour la souveraineté alimentaire de la Côte d’Ivoire.
Le contexte est pressant : si le poisson est la principale source de protéines des Ivoiriens, 24,9 Kg par habitant par an, la production nationale ne couvre actuellement que 20 % des besoins, a indiqué le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré.
Grâce à un financement de la Banque africaine de développement (BAD) et à l’expertise technique de la FAO, le projet s’attaquera aux défis majeurs : dégradation des écosystèmes, pêche illicite, pertes post-capture et accès limité aux financements.

Une stratégie basée sur quatre « Haliopôles »
Le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a détaillé l’organisation territoriale du projet, qui s’appuie sur le potentiel exceptionnel du pays (566 Km de côtes et un vaste réseau hydrographique) via quatre pôles majeurs.
Les quatre « Haliopôles » identifiés par le ProDeCAP sont l’Haliopôle San-Pedro (axé sur le littoral sud-ouest, et couvrant les régions du Gboklê et de San-Pedro) ; l’Haliopôle Centre (lac de Kossou et couvrant les régions du Gbêkê, de la Marahoué, du Bélier, ainsi que le District de Yamoussoukro.
Il y a également l’Haliopôle du Centre-Ouest (axé sur le lac de Buyo et couvrant les régions du Guémon, du Haut-Sassandra, de la Nawa, et du Cavally) et l’Haliopôle Sud-Comoé (autour du lac d’Ayamé et de la lagune Aby, et recouvrant la région du Sud-Comoé).
Au regard des ambitions de la Côte d’Ivoire pour le développement de l’économie bleue, ce projet se veut un levier important pour la gestion durable de la pêche et le développement de l’aquaculture en Côte d’Ivoire.

700 000 bénéficiaires, dont une majorité de femmes
L’impact social du ProDeCAP s’annonce massif. Selon le ministre, il bénéficiera directement et indirectement à près de 700 000 personnes, dont la moitié sont des femmes, parmi lesquelles 50 000 dans l’aquaculture et 650 000 pour la pêche, a mentionné le ministre.
Joseph Nyemah, représentant de la FAO en Côte d’Ivoire, a indiqué que cette cérémonie de lancement du ProdeCap s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des Fonds de préparation de projets pour la promotion et le développement de l’économie bleue en Côte d’Ivoire.
Il a précisé que les contributions de la FAO viseront à renforcer la base scientifique nécessaire à la gestion durable des pêches à travers notamment l’évaluation des ressources halieutiques et des lagunes, des eaux continentales.
Cela, pour outiller les gestionnaires des pêches et promouvoir une meilleure compréhension de la dynamique économique du secteur des pêches, soit par sa contribution à l’économie nationale, soit par le profil des entrepreneurs du secteur, a-t-il ajouté.
Le nouveau cadre de collaboration entre la FAO et le ministère, à travers cette initiative, sera l’occasion de faire bénéficier la Côte d’Ivoire de l’expertise mondialement reconnue de la FAO, de transférer des compétences et de renforcer les institutions nationales, a-t-il dit.
AP/Sf/APA







