Le major Pierre Buyoya renverse, le 3 septembre 1987, le président burundais Jean-Baptiste Bagaza lors d’un coup d’État militaire sans effusion de sang, mettant fin au régime de la Deuxième République et ouvrant une nouvelle période politique au Burundi.
Le putsch intervient alors que Jean-Baptiste Bagaza se trouve à Québec, au Canada, où il participe au sommet de la Francophonie. Les militaires prennent le contrôle des principaux centres de pouvoir à Bujumbura et annoncent à la radio la destitution du chef de l’État.
Le mouvement est conduit par le major Pierre Buyoya, alors officier de l’armée burundaise. Les nouvelles autorités mettent en place un Comité militaire pour le salut national, tandis que l’Assemblée nationale et le comité central de l’UPRONA sont dissous et que la Constitution est suspendue.
Le changement de pouvoir se déroule sans affrontements majeurs. Les frontières et les aéroports sont temporairement fermés et la population est appelée au calme. Informé du renversement, Bagaza tente de regagner son pays, mais ne peut y entrer.
Cette prise de pouvoir intervient après plus d’une décennie de régime militaire. Bagaza avait lui-même accédé au pouvoir en 1976, après avoir renversé le président Michel Micombero. Son régime avait notamment engagé des réformes économiques et sociales, mais ses relations avec l’Église catholique et sa politique intérieure avaient progressivement suscité des tensions.
Après le coup d’État, Buyoya devient la figure centrale du nouveau régime. Il sera officiellement investi président le 2 octobre 1987, à la tête du Comité militaire pour le salut national.
Son arrivée au pouvoir ouvre une nouvelle séquence de l’histoire politique burundaise. Le régime de Buyoya sera notamment confronté aux graves violences intercommunautaires de 1988, avant d’engager progressivement des réformes politiques qui conduiront au rétablissement du multipartisme et aux élections de 1993.
Le 3 septembre 1987 demeure ainsi une date majeure de l’histoire du Burundi : le renversement de Jean-Baptiste Bagaza par Pierre Buyoya constitue le troisième changement de pouvoir par la force depuis l’indépendance et ouvre une nouvelle étape dans l’histoire politique du pays.
Sf/APA







