Le 18 avril occupe une place notable dans les chronologies africaines contemporaines, entre décolonisation, mémoire culturelle et tragédie migratoire.
Le 18 avril 1980, le Zimbabwe accède à l’indépendance à l’issue du processus engagé après les accords de Lancaster House de 1979 et la guerre de libération contre le régime de minorité blanche de la Rhodésie du Sud. Le pays devient un État souverain à la suite des élections de mars 1980. Robert Mugabe est nommé Premier ministre tandis que Canaan Banana devient chef de l’État. La cérémonie officielle se tient à Harare, consacrant la fin du régime colonial et faisant du 18 avril la fête nationale du pays.
Le 18 avril 1905 marque la disparition en Afrique du Sud de Enoch Sontonga, instituteur xhosa et compositeur du chant Nkosi Sikelel’ iAfrika, devenu l’un des symboles musicaux majeurs des mouvements de libération africains. Son œuvre sera adoptée par plusieurs pays et intégrée à des hymnes nationaux en Afrique australe, notamment après les indépendances et la fin de l’apartheid.
Le 18 avril 1918, le conseil de guerre permanent de Dakar condamne Cheikou Cissé à la déportation à perpétuité. Ce tirailleur né dans l’actuel Mali, recruté de force en octobre 1914 dans le 4e régiment de tirailleurs sénégalais, avait combattu au Maroc et aux Dardanelles, où il fut blessé, avant d’être rapatrié au Sénégal en 1917. Encore mobilisable aux yeux de l’armée coloniale française, il se vit refuser le droit de rejoindre sa famille au Soudan français. Pour avoir obstinément réclamé ce droit élémentaire — devenant aux yeux des autorités un « fauteur de troubles » — il est arrêté en octobre 1917 et condamné pour « complot contre la sûreté de l’État ».
Dans un registre plus contemporain, la nuit du 18 au 19 avril 2015 est marquée par un naufrage au large des côtes libyennes en Méditerranée impliquant un navire transportant plusieurs centaines de migrants, en majorité africains. Les estimations font état de plus de 800 morts, faisant de cet événement l’un des drames migratoires les plus meurtriers de la période récente et un symbole de la crise migratoire entre l’Afrique et l’Europe.
Le 18 avril 1955 correspond également à l’ouverture de la conférence afro-asiatique de Bandung en Indonésie, étape majeure pour les mouvements anticoloniaux et la structuration des principes d’autodétermination et de non-alignement portés par plusieurs États africains et asiatiques.
Sf/APA







