Du soulèvement des mineurs blancs du Rand en Afrique du Sud en 1922 à l’accord de Nkomati entre Pretoria et Maputo en 1984, en passant par le référendum décisif des Blancs sud-africains en 1992 et la destruction des tombeaux royaux de Kasubi en 2010, le 16 mars a marqué l’histoire africaine par des luttes sociales, des tournants politiques et des crises contemporaines.
Plusieurs événements significatifs de l’histoire africaine se sont produits un 16 mars, depuis des conflits sociaux sous l’ère coloniale jusqu’aux étapes décisives de la fin de l’apartheid et aux défis sécuritaires du XXIᵉ siècle.
Le 16 mars 1922, les autorités de l’Union sud-africaine annoncent la fin de la révolte du Rand, une insurrection de mineurs blancs dans le bassin aurifère du Witwatersrand. Depuis janvier, environ 25 000 mineurs blancs protestaient contre la décision des compagnies minières d’employer davantage de travailleurs noirs moins payés pour des postes semi-qualifiés. Le slogan des grévistes — « Workers of the world unite and fight for a white South Africa » — résume la dimension raciale du conflit. Le gouvernement du Premier ministre Jan Smuts mobilise l’armée, l’artillerie et l’aviation pour mater la rébellion. Le bilan fait état d’environ 200 morts, plus de 1 000 blessés, près de 5 000 arrestations et quatre dirigeants syndicaux exécutés. Malgré l’écrasement du mouvement, la crise affaiblit politiquement Smuts, battu lors des élections de 1924.
Le 16 mars 1984, le Premier ministre sud-africain P. W. Botha et le président mozambicain Samora Machel signent l’accord de Nkomati, un pacte de non-agression conclu entre l’Afrique du Sud et le Mozambique. L’accord prévoit la fin du soutien sud-africain à la rébellion de la RENAMO et l’expulsion des bases de l’ANC installées au Mozambique. Affaibli par une guerre civile prolongée, le Mozambique accepte cet arrangement dans un contexte de forte pression régionale. Prétoria sera toutefois rapidement accusée de continuer à soutenir clandestinement la RENAMO, compromettant l’application effective de l’accord.
Le 16 mars 1992, les électeurs blancs d’Afrique du Sud approuvent par 68,7 % des voix les réformes engagées par le président F. W. de Klerk visant à mettre fin à l’apartheid. La participation atteint environ 85 %, un niveau particulièrement élevé. Ce référendum constitue une étape déterminante dans la transition politique sud-africaine en validant la poursuite des négociations constitutionnelles avec l’ANC. Deux ans plus tard, le 27 avril 1994, les premières élections multiraciales de l’histoire du pays porteront Nelson Mandela à la présidence.
Dans la nuit du 16 mars 2010, un incendie ravage les tombeaux de Kasubi à Kampala, en Ouganda. Ce site, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, abritait les sépultures des quatre derniers kabakas du royaume du Buganda. La destruction de ce lieu hautement symbolique déclenche des émeutes dans la capitale ougandaise, dans un contexte de tensions persistantes entre les autorités traditionnelles du Buganda et le gouvernement central du président Yoweri Museveni.
Le 16 mars 2016, deux kamikazes se font exploser dans une mosquée située en périphérie de Maiduguri, dans l’État de Borno au nord-est du Nigéria. L’attaque fait au moins 24 morts et plusieurs dizaines de blessés. Elle est attribuée au groupe jihadiste Boko Haram, qui multiplie à cette période les attentats suicides contre des civils dans la région du lac Tchad après avoir perdu une grande partie du territoire qu’il contrôlait en 2014 face à une coalition régionale.
Sf/APA





