Le 13 février illustre à la fois les traumatismes du colonialisme, les secousses politiques et les jalons du panafricanisme sur le continent africain. Cette date est marquée par des événements allant du premier essai nucléaire français au Sahara algérien à l’assassinat du général Murtala Muhammed au Nigéria, en passant par la naissance du mouvement panafricain et les luttes pour l’indépendance.
Le 13 février 1960, la France réalise son premier essai nucléaire, Gerboise bleue, sur le site de Reggane. La bombe, d’une puissance de 70 kilotonnes, explose sur une tour métallique et produit un champignon atomique spectaculaire, exposant des milliers d’Algériens et des militaires aux radiations. Cet essai s’inscrit dans la volonté de la France de rejoindre le club nucléaire et d’affirmer son indépendance stratégique, malgré les graves conséquences sanitaires et environnementales qui se feront sentir pendant des décennies. La réaction internationale est immédiate : plusieurs pays africains, dont le Ghana et le Maroc, expriment leur indignation face à cette expérience réalisée sur le sol africain sans consultation des populations locales.
Sur le plan politique, le 13 février 1976 reste gravé dans la mémoire du Nigéria avec l’assassinat du général Murtala Muhammed, chef d’État militaire, dans sa voiture à Lagos lors d’une tentative de coup d’État menée par le lieutenant-colonel Buka Suka Dimka. Murtala, au pouvoir depuis seulement 200 jours, avait lancé d’importantes réformes anti-corruption, créé de nouveaux États et préparé la transition vers un gouvernement civil. Son assassinat plonge le pays dans le chaos, mais permet au général Olusegun Obasanjo d’assumer le pouvoir le lendemain et de poursuivre le programme de transition politique. Dimka et ses complices seront capturés et exécutés quelques mois plus tard. L’héritage de Murtala demeure, avec son nom donné à l’aéroport international de Lagos et sa figure honorée sur le billet de 20 nairas.
Le 13 février 1919 marque également la tenue des sessions finales du premier Congrès panafricain à Paris, organisé par W.E.B. Du Bois et Blaise Diagne, premier député africain à l’Assemblée nationale française. Le congrès rassemble des délégués africains et afro-descendants pour revendiquer les droits politiques et civiques des populations colonisées, posant les bases du mouvement panafricain qui influencera les luttes pour l’indépendance à travers le continent au XXᵉ siècle.
Cette journée est aussi ponctuée d’autres événements historiques, notamment la reconnaissance du Ghana comme membre de l’ONU en 1957 et les épidémies qui ont affecté les populations autochtones au Cap au XVIIIᵉ siècle, rappelant les défis sanitaires et les injustices héritées du colonialisme. Le 13 février s’inscrit ainsi comme une date symbolique où se mêlent les tragédies liées aux interventions étrangères, les bouleversements internes et les grandes aspirations politiques africaines.
Sf/APA







