Nouakchott plaide pour une responsabilité partagée face aux défis croissants des flux migratoires au Sahel et à transformer les migrations d’un problème à contenir en une opportunité de développement pour l’Afrique et l’Europe.
Dans une tribune publiée ce mardi dans le quotidien français Le Monde, le ministre mauritanien des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Merzoug, a affirmé avec force que « la Mauritanie n’est pas le garde-frontière de l’Europe » et que sa politique migratoire répond avant tout à « des enjeux de sécurité nationale » tout en s’inscrivant dans son « engagement panafricain. »
Face à l’intensification des flux migratoires dans la région, aggravée par les crises sécuritaires, économiques et climatiques qui traversent le Sahel et l’Afrique de l’Ouest, le chef de la diplomatie mauritanienne défend une approche « cohérente, lucide et résolument tournée vers la stabilité » fondée sur « trois piliers : la souveraineté, la solidarité et la coopération. »
« Notre situation géographique nous expose, mais elle nous confère aussi une responsabilité : celle de gérer ces mouvements dans l’ordre, la légalité et le respect des droits fondamentaux », souligne le ministre dans les colonnes du Monde, rappelant que son pays, carrefour entre l’Afrique subsaharienne, le Maghreb et l’Europe, se trouve « au cœur des dynamiques migratoires du continent. »
Tout en reconnaissant que la Mauritanie accueille aujourd’hui des milliers de migrants et réfugiés, Mohamed Salem Ould Merzoug précise que son pays « n’a pas vocation à devenir un camp à ciel ouvert » et « appelle à une plus grande solidarité internationale, notamment de la part des pays du Nord. »
Le ministre plaide pour « un partenariat renouvelé, fondé sur la confiance, l’écoute et la solidarité » avec l’Europe, insistant sur le fait que ce partenariat « ne doit pas être fondé sur la peur des arrivées, mais sur la construction de solutions durables : emploi des jeunes, développement local, investissements dans les zones de départ. »
Dans sa tribune, M. Ould Merzoug appelle également à « une gouvernance concertée des migrations au niveau de l’Afrique de l’Ouest », estimant qu’« aucun pays ne peut répondre seul à ces défis. »
Il préconise l’harmonisation des politiques migratoires à l’échelle régionale, la coordination des dispositifs de sécurité aux frontières, et la lutte commune contre les passeurs et les trafics.
Le ministre conclut en appelant à « un changement de regard sur la migration », qui « ne doit pas être perçue uniquement comme un problème à contenir, mais aussi comme un levier de développement, de mobilité professionnelle et d’intégration régionale. »
Selon lui, « la migration, gérée avec sagesse, peut être une opportunité – pour l’Afrique, pour l’Europe, et surtout pour les hommes et les femmes concernés. »
ARD/te/Sf/APA






