Le Boston Consulting Group estime que le continent détient les leviers d’une mutation économique historique fondée sur la transformation locale des minerais stratégiques.
Le Boston Consulting Group estime que le continent détient les leviers d’une mutation économique historique fondée sur la transformation locale des minerais stratégiques.
Un rapport du Boston Consulting Group (BCG), publié lundi, met en lumière le potentiel du continent africain pour passer du statut d’exportateur de matières premières à celui d’acteur industriel de premier plan. Dotée d’immenses réserves de cobalt, cuivre, manganèse et métaux du groupe du platine, l’Afrique pourrait, selon l’étude, devenir un pivot de la transition énergétique mondiale. « L’Afrique possède ce dont le monde a besoin », a déclaré Tycho Moencks, directeur général associé du BCG, soulignant que le continent « peut désormais façonner la prochaine ère industrielle mondiale ».
L’étude évalue que chaque milliard de dollars investi dans l’extraction et la transformation des minerais critiques pourrait générer 280 millions de dollars de PIB additionnel par an (environ 2,9 milliards de dirhams), tout en créant des milliers d’emplois qualifiés et en renforçant les recettes fiscales nationales.
« Il s’agit d’un passage décisif de la simple extraction à la transformation industrielle », a expliqué Lindokuhle Shongwe, responsable de projet au BCG. Selon lui, cette évolution offrirait à plusieurs pays africains une opportunité unique de développement technologique et d’intégration dans les chaînes de valeur mondiales de l’énergie propre.
« C’est la décennie de l’Afrique », a insisté Tycho Moencks, estimant que le continent dispose à la fois des ressources, de la jeunesse et du pouvoir de négociation nécessaires pour s’imposer dans le nouvel ordre industriel mondial. Contrairement à l’Europe ou à l’Asie, marquées par des infrastructures vieillissantes, plusieurs économies africaines peuvent bâtir des chaînes de valeur modernes, numérisées et respectueuses de l’environnement.
Le BCG souligne toutefois que la fenêtre d’opportunité reste étroite : dans un contexte de compétition accrue entre les États-Unis, l’Union européenne et la Chine pour sécuriser leurs approvisionnements, seule une volonté politique affirmée permettra aux nations africaines de transformer leur potentiel géologique en puissance industrielle durable.
Le Maroc, la RDC, la Zambie, la Namibie et l’Afrique du Sud figurent parmi les cinq pays identifiés par le BCG comme les mieux placés pour développer une industrie minérale à haute valeur ajoutée intégrée aux filières mondiales de l’énergie verte.
MK/ak/ac/APA







