Le Maroc a placé la coopération africaine au cœur de la lutte contre le changement climatique lors de l’ouverture du Forum ClimAfrica 2025.
Dès l’ouverture du Forum ClimAfrica préparant la Cop30, le ministre marocain de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a exhorté mercredi les pays du continent à renforcer leurs partenariats et leurs investissements pour bâtir une résilience durable, en insistant sur l’importance des systèmes d’alerte précoce face aux catastrophes naturelles.
Le forum, organisé à Skhirat en amont de la COP30, réunit responsables politiques, experts et institutions régionales sous le thème : « Du risque à la résilience : météorologie et innovation pour les systèmes d’alerte précoce en Afrique ». Pour M. Baraka, le renforcement des coopérations Sud-Sud et l’implication du secteur privé sont essentiels pour mobiliser des financements, développer de nouveaux services climatiques et renforcer les capacités locales. Il a également salué le rôle du Centre africain pour les applications de la météorologie au développement (ACMAD) et du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, tout en appelant à un soutien accru des banques multilatérales.
Le ministre a rappelé que de nombreux pays africains restent dépourvus de dispositifs de surveillance et d’alerte efficaces, ce qui les expose à des inondations, sécheresses ou vagues de chaleur meurtrières. Le Maroc, via sa Direction générale de la météorologie, se présente comme un modèle régional, prêt à partager son expertise et ses infrastructures avec ses voisins.
Pour sa part, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a souligné que le lien entre industrie et climat constituera « le moteur de la croissance africaine à l’horizon 2030 ». Il a rappelé la stratégie marocaine dans les énergies renouvelables et l’hydrogène vert, affirmant que cette dynamique doit être mise au service d’un développement industriel décarboné et créateur d’emplois.
Ko Barrett, secrétaire générale adjointe de l’Organisation météorologique mondiale, a de son côté insisté sur la nécessité de doter chaque Africain d’un système d’alerte précoce d’ici 2027. Elle a pointé le retard du continent – seuls 23 pays disposent de dispositifs complets – tout en appelant à exploiter les outils numériques tels que la plateforme open source ClimWeb.
Avec cette première édition, le Forum ClimAfrica 2025 ambitionne de s’imposer comme une référence africaine dans la résilience climatique, en fédérant États, institutions régionales et acteurs privés autour d’un objectif commun : faire de l’Afrique un acteur incontournable dans l’innovation climatique et la gestion des risques environnementaux.
MK/Sf/APA






