Lors de la 60ᵉ session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, plusieurs ONG ont tiré la sonnette d’alarme sur les « pratiques esclavagistes » et les violations systématiques des droits fondamentaux dans les camps de Tindouf.
La situation des droits humains dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf, administrés par le Polisario, a de nouveau été dénoncée devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Des organisations internationales ont évoqué des pratiques assimilées à de « l’esclavage héréditaire », accusant le Polisario de perpétuer des discriminations et des abus graves sur les populations vivant dans ces camps.
Lucia Ferreyra Perea, juriste et représentante du Centre indépendant de recherche et d’initiatives de dialogue (CIRID), a décrit devant les experts de l’ONU une « violation flagrante de la dignité humaine », citant notamment le cas d’un jeune Sahraoui empêché de se marier en raison de ses origines familiales « serviles ». Elle a exhorté le Conseil à diligenter une enquête indépendante sur ces abus et à protéger les victimes de pratiques qualifiées d’inhumaines.
De son côté, Mostafa Maelainine, du Comité international pour le respect et l’application de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CIRAC), a présenté des témoignages d’anciens réfugiés ayant fui les camps. Selon lui, une « discrimination systématique » frappe les populations considérées comme d’origine servile, utilisée comme outil de contrôle social et politique par les dirigeants du Polisario.
« Ces violations constituent une transgression directe des conventions internationales sur l’abolition de l’esclavage », a insisté Maelainine, appelant le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage à effectuer une visite sur place et à inclure ses conclusions dans son prochain rapport.
Ces déclarations s’ajoutent à une série de rapports préoccupants sur la situation humanitaire à Tindouf. Un document récent des Nations Unies a révélé une crise nutritionnelle aiguë, avec un taux de malnutrition globale de 13,6 % parmi les réfugiés. Les ONG préviennent que l’absence d’action urgente risque d’aggraver davantage la détresse de milliers de familles.
Pour les intervenants, il est impératif que la communauté internationale intervienne afin de garantir aux victimes leurs droits élémentaires à la liberté, à la dignité et à la justice. Le dossier des camps de Tindouf s’impose ainsi comme l’un des points les plus sensibles et les plus controversés dans les débats sur les droits humains en Afrique du Nord.
MK/Sf/APA







