Le Bureau d’audit met en garde le gouvernement libyen contre la poursuite des importations de carburant hors appel d’offres, estimant que ce choix expose les finances publiques à des dérives et compromet les efforts de réforme engagés.
Le Bureau d’audit libyen a mis en garde contre la poursuite des importations de carburant par le biais d’accords de troc, appelant au respect strict des procédures d’appels d’offres publics comme seul cadre juridique garantissant la transparence et la protection des fonds publics. Dans une lettre officielle adressée au Premier ministre du Gouvernement d’union nationale, Abdul Hamid Dbeibah, l’institution de contrôle a souligné que la suspension des appels d’offres ne saurait être considérée comme validée par ses services.
Le Bureau d’audit précise que la demande gouvernementale visant à maintenir l’ancien mécanisme d’importation, sur la base de volumes identiques à ceux de novembre 2025, ne constitue en aucun cas une approbation implicite. Au contraire, les travaux de suivi menés par l’institution ont mis en évidence de « graves lacunes et faiblesses » dans la gestion des contrats d’approvisionnement, ayant entraîné des charges supplémentaires injustifiées pour le budget de l’État. Ces dérives sont qualifiées de gaspillage d’argent public par l’organe de contrôle.
Dans sa lettre, le Bureau rappelle que la National Oil Corporation avait été formellement instruite de recourir aux appels d’offres publics pour l’approvisionnement en carburant. Cette procédure devait permettre d’assurer la compétitivité, la transparence et la conclusion de contrats avec des entreprises internationales qualifiées, tout en garantissant des prix optimaux et une qualité conforme aux normes requises. Le retour à des mécanismes dérogatoires est ainsi perçu comme un recul par rapport aux engagements précédemment actés.
L’institution souligne également que plusieurs réunions de coordination, impliquant notamment le procureur général, la Banque centrale de Libye et la Compagnie nationale de pétrole, ont confirmé la nécessité de revoir et de moderniser les mécanismes d’approvisionnement existants. Selon le Bureau d’audit, l’appel d’offres public demeure l’option la plus à même de servir l’intérêt général et de prévenir les pratiques abusives, la corruption et les risques d’exploitation liés au commerce du carburant.
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