La Compagnie nationale de pétrole libyenne (NOC) a lancé mercredi un avertissement sur la multiplication des actes de sabotage visant ses infrastructures dans l’Est du pays, notamment dans la zone stratégique du Croissant pétrolier.
Dans un communiqué publié en fin de matinée, la Compagnie nationale de pétrole libyenne (NOC) fait état de quatre attaques recensées depuis le début du mois contre des oléoducs reliant les champs de Sarir, Zueitina et Ras Lanouf, entraînant une perte de plus de 180 000 barils de pétrole par jour.
« Ces actes criminels menacent la stabilité de notre secteur énergétique, sabotent les efforts de relance nationale et compromettent la sécurité régionale », a déclaré le président de la NOC, Farhat Ben Gdara, lors d’une conférence de presse à Tripoli. Il a exhorté les autorités militaires de l’Est à renforcer la sécurité autour des installations et réclamé l’ouverture d’une enquête indépendante.
Les attaques, menées à l’aide d’explosifs artisanaux et de tirs coordonnés, seraient le fait de groupes armés non identifiés opérant entre Ajdabiya et Ben Jawad. Bien qu’aucune revendication n’ait été formulée, les regards se tournent vers des milices locales en conflit avec les autorités de Tobrouk, dans un contexte de tensions autour de la répartition des revenus pétroliers.
Le Croissant pétrolier, qui s’étend sur 300 km entre Ras Lanouf et Sidra, regroupe les principaux terminaux d’exportation de brut du pays. Cette zone sensible a déjà connu de violents affrontements en 2018 et 2020. Le pétrole représente environ 95 % des recettes d’exportation de la Libye.
Dans une déclaration conjointe, la MANUL, l’Union africaine et l’Union européenne ont condamné ces actes et appelé à la préservation de la neutralité du secteur énergétique. Elles ont souligné que les installations pétrolières sont protégées par le droit international et constituent un patrimoine national.
Par précaution, la NOC a fermé deux stations de pompage et réduit les débits vers les terminaux de Ras Lanouf et Es Sider. Les exportations de brut pourraient chuter de 12 % ce mois-ci, selon des prévisions internes.
Cette escalade intervient alors que les revenus pétroliers font l’objet de négociations délicates dans le cadre des pourparlers politiques en cours à Genève.
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