L’Union africaine (UA), la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), la Banque africaine de développement (BAD) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) alertent sur le fait que le conflit en cours au Moyen-Orient représente une menace sérieuse pour les économies du continent africain.
Dans une note conjointe publiée récemment, l’UA, la CEA, la BAD et le PNUD soulignent que plus le conflit au Moyen-Orient s’inscrit dans la durée, plus les perturbations des routes maritimes, des chaînes d’approvisionnement en énergie et en engrais s’intensifient, augmentant ainsi le risque d’un ralentissement significatif de la croissance économique en Afrique.
Selon elles, la crise actuelle, déjà à l’origine d’un choc commercial, pourrait rapidement évoluer vers une crise du coût de la vie, alimentée par la hausse des prix des carburants et des denrées alimentaires. L’augmentation des frais de transport maritime, des primes d’assurance, les tensions sur les taux de change ainsi que le durcissement des conditions budgétaires risquent d’aggraver la situation, avec un impact particulièrement sévère sur les populations les plus vulnérables.
Le Moyen-Orient représente 15,8 % des importations africaines et 10,9 % de ses exportations, ce qui met en évidence l’importance stratégique de cette région pour les économies africaines. La note met en avant le fait que, pour certains pays, les perturbations dans le secteur des engrais pourraient avoir des conséquences encore plus lourdes que les chocs pétroliers. En effet, les difficultés d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié en provenance du Golfe pourraient affecter la production d’ammoniac et d’urée, entraînant une hausse des prix des engrais en pleine période de semis, entre mars et mai.
Cette situation pourrait accentuer la pression sur les prix alimentaires et fragiliser davantage les ménages les plus exposés, avec des répercussions importantes sur la sécurité alimentaire en Afrique.
Par ailleurs, les organisations expriment leur inquiétude face aux conséquences géopolitiques possibles, susceptibles de redéfinir l’équilibre sécuritaire sur le continent. Une extension du conflit pourrait intensifier les rivalités d’influence en Afrique, dans un contexte où des crises régionales, notamment au Soudan, en Somalie et en Libye, montrent déjà des signes d’ingérences extérieures.
Enfin, la note insiste sur la nécessité de renforcer la sécurité énergétique, de restaurer les marges de manœuvre budgétaires, d’accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et de développer des mécanismes de protection financière à l’échelle du continent afin d’accroître la résilience des économies africaines.
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