La co-présidente de la Commission mixte du Parlement de la Cédéao, Fanta Conté, a exprimé lundi son inquiétude face au déséquilibre persistant entre l’offre et la demande énergétiques en Afrique de l’Ouest, soulignant que moins de 40 % des populations rurales de la région ont accès à l’électricité.
« Notre mission intervient dans un contexte marqué par un déséquilibre préoccupant entre l’offre et la demande énergétiques dans notre espace sous-régional », a déclaré Fanta Conté, à l’ouverture de la réunion délocalisée de la Commission mixte énergie et mines, infrastructures, agriculture, environnement et ressources naturelles du Parlement de la Cédéao, qui se tient du 15 au 19 juin à Dakar.
Selon la co-présidente de la Commission mixte, la situation est encore plus critique dans certaines localités reculées où le taux d’accès à l’électricité est inférieur à 10 %.
La rencontre porte sur le thème : « Exploiter les énergies renouvelables pour l’électrification rurale et le renforcement des économies rurales dans l’espace de la Cédéao : le rôle du Parlement de la Cédéao».
Mme Conté a rappelé que l’absence d’électricité continue de freiner le développement économique et social de millions d’habitants de la région, notamment les femmes et les jeunes. Elle a relevé que cette situation limite les possibilités de conservation des récoltes, d’accès à l’information et de création d’activités génératrices de revenus.
Elle a également souligné les conséquences sur les services essentiels, faisant remarquer que de nombreux centres de santé ruraux peinent à assurer des prestations nocturnes et que plusieurs établissements scolaires restent privés d’outils numériques.
Malgré ces difficultés, la parlementaire a insisté sur les importantes ressources énergétiques dont dispose l’Afrique de l’Ouest. Elle a notamment évoqué un potentiel hydroélectrique estimé à plus de 25 000 mégawatts, un fort ensoleillement favorable au développement du solaire, ainsi qu’une biomasse abondante et un potentiel éolien encore largement inexploité.
« L’enjeu n’est pas seulement technique ; il est aussi politique, financier et comportemental », a-t-elle soutenu, appelant les parlementaires de la sous-région à renforcer leur implication dans la mise en œuvre des politiques énergétiques communautaires.
Elle a notamment insisté sur la nécessité de traduire dans les législations nationales les engagements pris au niveau régional en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique, tout en mobilisant davantage de ressources en faveur de l’électrification rurale.
Fanta Conté a également plaidé pour un renforcement de la sensibilisation et de la formation des populations rurales aux technologies renouvelables. Elle a préconisé la mise en place de campagnes d’information ciblées, la formation de techniciens villageois spécialisés dans l’énergie solaire et l’intégration des énergies renouvelables dans les programmes de formation professionnelle.
La responsable parlementaire s’est par ailleurs félicitée de la tenue de cette rencontre au Sénégal, saluant les progrès réalisés par le pays dans le développement des énergies renouvelables.
Les travaux permettront aux parlementaires d’échanger avec les différents acteurs du secteur énergétique et d’examiner les mécanismes susceptibles d’accélérer l’électrification rurale dans les États membres de la Cédéao, notamment à travers des solutions de financement innovantes et un meilleur suivi des politiques publiques.
TE/Sf/APA







