Le Burkina Faso a officiellement lancé, mercredi à Ouagadougou, la première édition du Forum national sur le financement de la santé. Cette initiative d’envergure vise à repenser en profondeur le système sanitaire du pays et à renforcer sa souveraineté dans ce domaine.
Organisée sous le thème « Bâtir un système de financement de la santé efficient et équitable pour une souveraineté sanitaire et la réalisation des objectifs du PND 2026-2030 », la 1ère édition du Forum national sur le financement de la santé a été inaugurée par le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, représentant le Chef de l’État.
La cérémonie d’ouverture, qui s’est tenue dans le quartier Ouagadougou 2000, a rassemblé plusieurs membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers ainsi que des délégations issues de différents pays africains.
Dans son allocution, le chef du gouvernement a souligné l’importance capitale de la santé pour les populations burkinabè, qualifiant ce forum de « moment de vérité » pour la Nation. Il a rappelé que derrière les statistiques se cachent des réalités humaines souvent difficiles, marquées par les lourds sacrifices des ménages pour accéder aux soins.
Tout en saluant les avancées réalisées ces dernières années — notamment en matière de soins spécialisés et de renforcement des ressources humaines grâce à l’initiative présidentielle « 1000 x 5 » — il a reconnu que des défis majeurs persistent. Il a notamment indiqué que plus d’un tiers des dépenses de santé reste supporté directement par les ménages, mettant en évidence la nécessité urgente d’une réforme structurelle.
Face à cette situation, les autorités entendent engager un véritable changement de cap, en misant davantage sur la mobilisation des ressources internes et en réduisant la dépendance vis-à-vis de l’extérieur. Le Premier ministre a ainsi affirmé la volonté de financer le système de santé à partir des ressources nationales, de promouvoir la production locale de médicaments et d’adapter la formation du personnel de santé aux besoins du pays.
Parrain de l’événement, le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a insisté sur le caractère stratégique du financement de la santé. « La santé n’est pas une dépense, elle est une puissance », a-t-il déclaré, plaidant pour des mécanismes innovants ainsi qu’une gestion plus rigoureuse et transparente des ressources.
De son côté, le ministre de la Santé, Robert Kargougou, a précisé que ce forum, qui se déroule sur trois jours et réunit près de 400 participants, s’articule autour de trois axes principaux : la souveraineté sanitaire et l’alignement des partenaires, la mobilisation et l’utilisation efficace des ressources, ainsi que la protection des populations à travers la gratuité des soins et la mise en place de l’assurance maladie universelle.
Malgré un effort budgétaire estimé à près de 12 % des dépenses de l’État consacrées à la santé, des difficultés persistent, notamment la forte contribution des ménages aux dépenses sanitaires.
À travers ce forum, le Burkina Faso ambitionne de poser les bases d’un système de santé plus équitable, résilient et durable, fondé sur ses propres ressources et orienté vers une amélioration concrète des conditions de vie des populations.
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