La majorité des personnes souffrant d’asthme en Ouganda ne sont ni diagnostiquées, ni correctement prises en charge, faute notamment d’accès aux inhalateurs essentiels, révèle un rapport publié jeudi à l’occasion de la Journée mondiale de l’asthme 2026.
Le rapport élaboré par l’Institut pulmonaire de Makerere, souligne que l’asthme figure parmi les maladies non transmissibles les plus répandues dans le monde, mais demeure largement sous-diagnostiqué en Ouganda malgré sa forte prévalence. Ajoutant que la plupart des personnes affectées ne sont pas diagnostiquées, ni correctement prises en charge,
Selon le rapport, environ 11 % des adultes et près de 18 % des adolescents ougandais vivent avec l’asthme. Toutefois, la majorité des patients ne consultent qu’au moment où les symptômes deviennent graves.
Les auteurs mettent en cause les erreurs de diagnostic, particulièrement fréquentes chez les enfants. Les manifestations de l’asthme sont souvent confondues avec d’autres affections respiratoires, entraînant des traitements inadaptés et une aggravation progressive de la maladie.
Le rapport indique notamment que jusqu’à 90 % des enfants de moins de cinq ans présentant des symptômes asthmatiques sont diagnostiqués à tort comme souffrant de pneumonie et reçoivent des antibiotiques inefficaces. Cette situation favoriserait des souffrances évitables et des hospitalisations répétées.
Chez les adolescents, 65 % des personnes présentant des symptômes sévères d’asthme ne bénéficieraient pas d’un diagnostic clinique adéquat. Beaucoup continuent ainsi de vivre avec une maladie mal contrôlée, affectant leur qualité de vie.
« Cela se traduit par des enfants absents de l’école, des parents empêchés de travailler et des familles lourdement affectées par les coûts des maladies récurrentes », souligne le rapport, qui insiste sur les conséquences socio-économiques de la mauvaise prise en charge de l’asthme.
Le directeur général du ministère ougandais de la Santé, le professeur Charles Olaro, a reconnu que l’accès aux traitements demeure insuffisant malgré l’existence de solutions thérapeutiques efficaces.
Il a précisé que les corticostéroïdes inhalés, recommandés comme traitement de première ligne, restent indisponibles dans la majorité des centres de santé primaires, qui accueillent pourtant la plupart des patients.
« Ces inhalateurs ne sont disponibles qu’en quantité limitée et principalement dans les structures de niveau supérieur, alors que les patients consultent d’abord dans les centres de soins primaires où ces médicaments manquent souvent », a regretté le responsable, jugeant la situation très préoccupante.
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