Après quatre années d’intervention auprès des jeunes de Mombasa, Médecins sans frontières (MSF) a transféré aux autorités sanitaires locales un projet ayant permis de réaliser plus de 100 000 consultations et de renforcer l’accès aux soins médicaux et psychologiques pour des milliers d’adolescents et de jeunes adultes.
Mis en œuvre de 2022 à avril 2026 dans les centres de santé de Bamburi, Junda et Ganjoni, le programme de MSF ciblait notamment les jeunes confrontés à la stigmatisation, à la précarité, aux addictions ou à l’exclusion sociale.
Le dispositif proposait une prise en charge intégrée comprenant des consultations médicales, des services de santé sexuelle et reproductive, un accompagnement psychologique, le dépistage du VIH et des hépatites ainsi qu’un soutien social adapté aux besoins des bénéficiaires.
Afin de toucher les jeunes éloignés des structures sanitaires classiques, MSF a également déployé des cliniques mobiles et organisé des tournées nocturnes dans plusieurs quartiers de Mombasa.
Des résultats significatifs
L’évaluation du programme fait état d’une progression de 33 % de la fréquentation des services de santé par les jeunes et d’une baisse de 20 % des symptômes de dépression. Le dépistage du VIH a augmenté de 12 %, tandis que le recours à la prophylaxie préexposition (PrEP) contre le VIH a progressé de 40 %.
Le nombre de victimes de violences sollicitant une assistance a également augmenté de 23 %, signe, selon MSF, d’une meilleure connaissance et d’une plus grande confiance dans les services disponibles.
Les éducateurs pairs ont joué un rôle important dans cette dynamique. Formés pour accueillir, écouter et orienter les jeunes, ils ont contribué à instaurer un climat de confiance et à réduire la crainte du jugement.
« Les jeunes que nous rencontrons nous font confiance, car ils savent que nous sommes passés par les mêmes situations », témoigne Michael, éducateur dans l’un des centres.
Pour plusieurs bénéficiaires, cette approche a facilité le retour vers les structures de santé et l’accès à un soutien psychologique, notamment pour ceux confrontés à l’isolement ou à des situations de grande vulnérabilité.
Au terme de quatre années de collaboration avec les professionnels de santé, les éducateurs et les communautés locales, MSF a transféré le projet aux autorités sanitaires de Mombasa.
L’organisation leur a notamment transmis les enseignements et les pratiques jugés les plus efficaces afin d’assurer la continuité de services de santé adaptés aux besoins des jeunes.
MSF précise toutefois qu’elle poursuivra ses activités à Mombasa dans d’autres domaines, en faveur notamment des populations les plus vulnérables.
TE/Sf/APA







