Casablanca accueille la première édition de Gitex Future Health Africa, vitrine des stratégies marocaines pour structurer un pôle régional de santé et d’innovation.
Casablanca a donné, lundi 4 mai, le coup d’envoi de la première édition de Gitex Future Health Africa, organisée jusqu’au 6 mai, selon le ministère marocain de la Santé et de la Protection sociale.
L’événement réunit décideurs publics, investisseurs, industriels et startups autour de la transformation des systèmes de santé africains, avec une forte composante technologique. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique engagée par le Royaume pour moderniser son offre de soins et renforcer son positionnement continental.
Dans la continuité de cette orientation, le ministre de la Santé Amine Tahraoui a souligné, lors de l’ouverture, le déséquilibre structurel entre poids démographique et dépenses sanitaires en Afrique.
«L’Afrique représente 17% de la population mondiale et moins de 3% des dépenses mondiales de santé», a-t-il déclaré, estimant que cet écart constitue un potentiel de développement. Il a mis en avant la convergence entre politiques publiques, innovation et mobilisation d’acteurs privés, affirmant que «la création d’un événement de référence» répond à un besoin d’accélération et de structuration du secteur.
Ce positionnement s’appuie sur des avancées nationales mises en avant par les autorités, notamment la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire et l’expansion des infrastructures hospitalières.
Le ministre marocain a évoqué une accélération des constructions d’hôpitaux et le déploiement d’outils numériques tels que la télémédecine et l’intelligence artificielle, désormais intégrés aux pratiques médicales. La question centrale, selon lui, porte sur la capacité des systèmes à absorber ces innovations à grande échelle.
Par prolongement, les organisateurs mettent en avant une ambition continentale articulée autour de la coopération. Les autorités marocaines plaident pour une coordination accrue entre pays africains, incluant la mise en place d’un marché du médicament, le développement de capacités vaccinales et le partage de données épidémiologiques. «La souveraineté sanitaire africaine passe par la coordination», a insisté Amine Tahraoui, soulignant la dimension collective des enjeux.
Dans cette logique, la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé a rappelé, par la voix de Younes Bjijou, que la réforme du système marocain repose sur des objectifs d’accès universel et de réduction des inégalités. L’intégration des technologies, notamment l’intelligence artificielle, est présentée comme un levier d’amélioration du diagnostic et de la prise en charge, avec une vigilance sur les risques de fracture numérique.
Enfin, la participation de près de 200 exposants issus d’une trentaine de pays, ainsi que la présence de fonds d’investissement internationaux, illustre l’intérêt croissant pour le marché marocain de la santé.
Les startups positionnent le Royaume comme une base d’expansion vers l’Afrique, notamment dans l’e-santé et les dispositifs médicaux. Les échanges et rencontres prévues visent à traduire ces interactions en projets concrets, dans un environnement où l’enjeu dépasse désormais les annonces pour se concentrer sur la mise en œuvre.
MK/AK/Sf/APA






