Réunis à Tanger, des responsables africains et internationaux de la santé ont insisté sur l’urgence d’accélérer les réformes, en misant sur l’intégration continentale, l’innovation financière et un rôle accru du secteur privé pour répondre aux besoins croissants.
Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Claver Gatete, a appelé mercredi à une transformation profonde des systèmes de financement de la santé en Afrique, à l’occasion d’un forum de haut niveau tenu en marge de la 58e session de la Conférence des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique.
Placée sous le thème « Investir dans la santé en Afrique », la rencontre se tient dans un contexte de pressions financières croissantes sur les États africains, marqué par la réduction de l’aide au développement, la hausse du coût du capital et un espace budgétaire de plus en plus limité.
Selon M. Gatete, l’Afrique a consacré environ 145 milliards de dollars à la santé en 2022, mais moins de la moitié de ce montant provenait de financements publics, le reste reposant principalement sur les ménages et les partenaires extérieurs, contribuant ainsi à accentuer la pauvreté.
Dans le même temps, la dette publique moyenne du continent atteint environ 63 % du PIB, avec des charges de remboursement dépassant parfois les dépenses de santé.
Face à cette situation, le responsable onusien a plaidé pour une réorientation des modèles de financement, estimant que « l’ère de l’aide comme principale source de financement de la santé est révolue ».
Il a appelé à renforcer la mobilisation des ressources internes, notamment par l’élargissement de l’assiette fiscale et la réduction des inefficacités, tout en recourant à des mécanismes innovants tels que les financements mixtes ou les échanges dette-santé.
M. Gatete a également mis en avant le rôle stratégique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qu’il considère comme une « architecture de développement » capable de soutenir l’intégration des systèmes de santé à l’échelle continentale.
Il a souligné que l’Afrique importe encore plus de 70 % de ses produits pharmaceutiques, appelant à développer des chaînes de valeur régionales et à harmoniser les cadres réglementaires.
Le responsable de la CEA a identifié quatre priorités majeures : la refonte du financement des systèmes de santé, l’extension des mécanismes d’assurance et de mutualisation des risques, le renforcement du rôle du secteur privé, ainsi que l’investissement dans les capacités humaines et les infrastructures.
S’appuyant sur des exemples comme les systèmes d’assurance maladie du Ghana et du Rwanda, il a insisté sur la nécessité d’élargir la couverture sanitaire et de protéger les populations vulnérables.
Enfin, M. Gatete a rappelé que « la santé n’est pas une dépense, mais un investissement », en lançant la campagne #InvestInHealthAfrica destinée à mobiliser les États et les partenaires autour de cet objectif.
La CEA a réaffirmé sa disponibilité à accompagner les pays africains à travers des politiques, des partenariats et des solutions de financement pour concrétiser cette vision.
ARD/te/Sf/APA







